News de l'innovation @deBoufflers

Les actualités sur l'innovation par Clara Grudler

La Commission européenne dévoile son plan d’action pour la propriété intellectuelle

02 décembre 2020 - Intelligence artificielle

Le 25 novembre 2020, la Commission européenne a adopté un plan d’action en faveur de la propriété intellectuelle. Ce plan a vocation à aider les entreprises à tirer le meilleur parti possible de leurs inventions et créations, mais également de faire en sorte que les biens intellectuels puissent bénéficier à la société et à l’économie. Thierry Breton, commissaire au marché intérieur, a déclaré que la Commission comptait revoir le système européen de propriété intellectuelle afin de renforcer la compétitivité de l’Europe en matière de technologies de pointe, et de mieux refléter les avancées prises dans le domaine des données et de l’IA. 

Cette révision du cadre européen de la propriété intellectuelle se scinde autour de cinq domaines clefs : l’amélioration de la protection de la propriété intellectuelle, la stimulation de l’adoption de la propriété intellectuelle par les PME, la facilitation du partage de la propriété intellectuelle, la lutte contre la contrefaçon et l’amélioration du respect de ces droits, et la promotion des conditions de concurrence équitables à l’échelle mondiale. En continuité avec la nouvelle stratégie industrielle de l’Union européenne dévoilée en mars 2020, ces axes mettent en exergue la nécessité, pour l’Union, de renforcer sa souveraineté technologique. Le plan de la Commission a suivi les recommandations formulées par le Conseil de l’Union européenne dans ses conclusions. Celui-ci prônait un système de protection de la propriété intellectuelle efficace, solide, transparent et équilibré. 

 

Taxe GAFA : la France a émis des bulletins d’imposition

02 décembre 2020 - Financement de l'innovation & Relations internationales

En juillet 2019, le Parlement français avait adopté une loi imposant la taxation du chiffre d’affaires de certaines entreprises du numérique, à hauteur de 3%. La tenue de négociations à l’OCDE a suspendu l’exécution de cette loi. Ces négociations, qui visaient à trouver un accord sur la taxation des GAFA à travers le monde, ont connu un échec un octobre 2020. Quelques mois plus tôt, les États-Unis s’étaient retirés des négociations afin de manifester leur désapprobation à l’égard d’un système de taxation jugé discriminatoire, puisque visant majoritairement des entreprises américaines. 

Cette absence de consensus sur la réforme fiscale a conduit Bercy à imposer unilatéralement le dispositif de la taxe GAFA, sans attendre l’éventuelle mise en place d’un système plus coordonné à l’échelle européenne. Le gouvernement français a donc adressé ses premiers avis d’imposition aux géants du numérique, destinés au versement des acomptes de 2020. Pour l’application de la loi française, l’entreprise visée doit générer plus de sept cent cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires dans le monde et plus de vingt-cinq millions en France, et doit exploiter une marketplace (à l’image d’Uber, d’Amazon ou d’Airbnb) ou être considérée comme une régie publicitaire (à l’image de Facebook, Google et Criteo). La réaction américaine est attendue et pourrait prendre la forme de sanctions commerciales, dans l’hypothèse où la nouvelle administration adopterait la position offensive de l’ancien président Trump. 

Vaccin et Covid-19 : après Pfizer, Moderna présente ses résultats

25 novembre 2020 - Covid-19

Le 16 novembre 2020, la firme américaine Moderna Pharmaceutics a déclaré que son candidat-vaccin contre la Covid-19 est efficace à plus de 94,5%. Cette annonce fait suite à la phase 3 de l’essai clinique, réalisé aux États-Unis en association avec la Barda (autorité américaine pour la R&D avancée dans le domaine médical) et l’Institut américain de la santé (NIH). Les résultats, bien supérieurs aux préconisations de la Food and Drug Administration (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux), sont également supérieurs à ceux de Pfizer, présentés une semaine auparavant. Dans les mêmes temps, l’institut de recherche russe Gamaleya annonçait un taux d’efficacité de 92% pour son candidat-vaccin. 

Le nouveau vaccin présenté par Moderna a été développé grâce à la technologie de l’ARN messager et fonctionne en deux injections, comme le vaccin de Pfizer. Cependant, le candidat-vaccin de Moderna pourrait être stocké plus facilement que celui de son concurrent. Alors que le vaccin de Pfizer doit être conservé à une température de -70°, Moderna a indiqué que son vaccin peut être stocké dans un frigo médical ou de maison classique, entre 2 et 8°, pour une durée de trente jours. La firme devrait solliciter une autorisation d’utilisation d’urgence pour ce vaccin, afin de pouvoir approvisionner le monde en doses. La Commission européenne vient, pour sa part, de conclure un contrat pour l’achat de ce traitement contre la Covid-19, cet accord faisant suite aux pourparlers engagés en ce sens avec Moderna depuis le mois d’août 2020. 

 

Vers un accord cadre entre Google et les éditeurs de presse ?

25 novembre 2020 - Droit d'auteur et droits voisins

Google France a annoncé, le 19 novembre 2020, avoir conclu des accords avec certains groupes de presse pour la rémunération de ceux-ci dans le cadre de leurs droits voisins. Pour rappel, l’article 15 de la directive (UE) 2019/790 permet aux éditeurs de presse d’être rémunérés, au titre de l’utilisation en ligne de leurs publications de presse. Cette annonce intervient quelques semaines après que la Cour d’appel de Paris ait rendu son arrêt ; celui-ci confirmait la décision de l’Autorité de la concurrence, enjoignant à Google de négocier de bonne foi une rémunération avec les éditeurs de presse français.  

Sébastien Missoffe, en qualité de président de Google France, a expliqué, par le biais d’un billet publié sur le blog de Google France, que Google a progressé dans ses négociations avec les éditeurs de presse et leurs associations. Plusieurs accords individuels auraient déjà été conclus, notamment avec Courrier International, Le Monde, L’Obs, Libération, Le Figaro et L’Express. Les accords respecteraient les critères d’objectivité, de transparence et de non-discrimination imposés par la réglementation. Ces critères recoupent l’audience Internet de l’éditeur, son volume quotidien de publication, sa contribution à l’information politique et générale, et l’usage des contenus sur les sites de Google. Le billet précise également qu’un accord cadre devrait être conclu avant la fin de l’année. La saga semble donc se clôturer entre Google et les éditeurs de presse français, même si ces accords, ainsi que le projet d’accord cadre, promettent d’être scrutés de près. 

Course au vaccin contre la Covid-19 : le candidat-vaccin de Pfizer et BioNTech efficace à 90%

18 novembre 2020 - Covid-19

Le 9 novembre 2020, la firme américaine Pfizer, et BioNTech, son partenaire allemand, ont indiqué que leur candidat-vaccin à la Covid-19 présente un taux d’efficacité de 90%. Les résultats ont été qualifiés d« extrêmement positifs et encourageants » par le docteur Richard Hatchett (PDG de la coalition internationale pour le développement des vaccins). Ceux-ci ont été dévoilés après la réalisation d’un essai de phase 3, le dernier avant la demande d’homologation. En l’état actuel, Pfizer et BioNTech ont prévu d’approvisionner le monde à hauteur de cent millions de doses pour la fin de l’année 2020, et de 1,3 milliard de doses environ d’ici fin 2021. Le 11 novembre 2020, la Commission européenne a conclu plusieurs contrats avec les deux compagnies pharmaceutiques, afin d’assurer l’approvisionnement de l’Union européenne pour les mois à venir. 

Ce vaccin a la particularité de se fonder sur la technologie de l« ARN messager ». Il ne s’agit pas de la méthode habituellement employée pour mettre au point un vaccin, dans la mesure où les vaccins conventionnels sont constitués de protéines antigènes, de virus atténués ou inactivés. À l’inverse, Pfizer et BioNTech ont choisi d’injecter directement des brins d’instructions génétiques dans l’organisme humain. Il n’est donc pas nécessaire de recourir à une culture de pathogènes en laboratoire, étant donné que l’organisme met au point sa propre réponse au virus. Cette circonstance explique la rapidité du développement de ce vaccin. Celui-ci présente cependant le net désavantage de devoir être stocké à de très basses températures, ce qui implique que les États se procurent les infrastructures adéquates. 

Amazon visée par une nouvelle enquête pour abus de position dominante par la Commission européenne

18 novembre 2020 - Antitrust

Alors que le mastodonte faisait déjà l’objet d’une enquête approfondie pour abus de position dominante depuis juillet 2019, la Commission européenne vient de transmettre à Amazon une communication des griefs sur le même fondement. Cette nouvelle procédure vise l’usage des données non publiques des vendeurs tiers de la plateforme, par Amazon. Dans ses conclusions préliminaires, la Commission a indiqué que les salariés d’Amazon disposent de volumes considérables de ces données. Une attention particulière serait prêtée par la firme à certaines données des vendeurs tiers, comme les recettes des vendeurs sur la marketplace, le nombre de produits commandés et expédiés, les performances passées des vendeurs, le nombre de visites sur les offres… 

Ces données non publiques seraient instrumentalisées par Amazon, afin de calibrer ses décisions commerciales stratégiques et ses offres de détail. En outre, la Commission a annoncé l’ouverture d’une nouvelle enquête ciblant la Buy Box” d’Amazon (boîte d’achat permettant à l’utilisateur d’ajouter un produit à son panier). Il a été estimé qu’Amazon favorise artificiellement ses propres offres de vente au détail au détriment de la concurrence. De telles pratiques, si elles venaient à être établies, seraient contraires à l’article 102 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), lequel prohibe les abus de position dominante au sein du marché intérieur. À ce stade, Amazon a exprimé son désaccord avec les affirmations de la Commission européenne, et a indiqué être l’une des entreprises se souciant le plus des petites entreprises. 

 

Taxation des géants du numérique : les GAFA, « adversaires des États » ?

11 novembre 2020 - Financement de l'innovation & Relations internationales

Le 4 novembre 2020, lors d’un entretien chez Radio Classique, Bruno Le Maire (Ministre français de l’Économie, des Finances et de la Relance) a déclaré que les géants de l’Internet sont les « adversaires des États ». Après avoir expliqué que l’issue des élections présidentielles aux États-Unis n’apportera pas de changement substantiel aux intérêts commerciaux européens, le ministre a expliqué que les GAFA sont aussi puissants que des États sur les plans à la fois technologique, financier et commercial. D’où la réaction européenne consistant à développer une véritable souveraineté en matière digitale ; l’initiative GAIA-X pour un cloud européen constitue un exemple patent. 

Bruno Le Maire a également indiqué que l’affrontement des GAFA passe par la taxation de ceux-ci, afin de « rétablir la justice ». Si les mastodontes états-uniens sont taxés en France à hauteur de 3% de leur chiffre d’affaires, le défaut de mesure similaire en droit de l’Union européenne est souvent décrié (c’en est parfois oublier que l’Union ne dispose pas de compétences propres en matière fiscale). Un accord sur ce sujet n’a pu être trouvé par l’OCDE, du fait d’un blocage des pourparlers avec les États-Unis. Depuis juillet 2019, la France est ainsi l’un des seuls pays à taxer les grandes entreprises du numérique. Cette taxation vise l’exercice de trois activités que sont la publicité ciblée en ligne, les activités de plateformes d’intermédiation, et la vente de données personnelles à des fins publicitaires. Par l’adoption de ce genre de mesures, le ministre de l’Économie considère que l’Europe se pose en variable d’ajustement pour les États-Unis, notamment face aux conflits opposant ces derniers à la Chine. 

Proposition 22 et référendum californien : les chauffeurs de VTC demeureront indépendants

11 novembre 2020 - Intelligence artificielle

Aux États-Unis, la Proposition 22 prévoit que certains chauffeurs californiens de VTC auront le statut de travailleur indépendant. Cela signifie que ces chauffeurs ne peuvent pas bénéficier du régime plus favorable des salariés, avec les avantages que cela comporte en matière d’assurances maladie et chômage, de rémunération des heures supplémentaires effectuées, et de congés payés. La Proposition 22 indique que les chauffeurs visés recevront des compensations, prenant la forme d’un revenu minimum et d’une contribution à une assurance santé. En janvier 2020, la Californie a adopté une loi contraignant les plateformes de réservation de VTC à embaucher ses prestataires en qualité de salariés. 

Uber et Lyft ont refusé d’appliquer cette loi, et ont préféré organiser un référendum d’État. Les citoyens ont ainsi été sollicités pour se prononcer sur le statut des chauffeurs de VTC. Le 3 novembre 2020, les résultats du référendum ont révélé que 58% des citoyens californiens souhaitent que les chauffeurs de VTC conservent le statut d’indépendant. Si le cours des actions d’Uber et de Lyft a sensiblement augmenté depuis l’annonce des résultats, cela n’entraîne pas l’arrêt des contestations visant la fameuse Proposition 22. Les contentieux demeurent vivaces devant la juridiction californienne : les chauffeurs s’estiment lésés de ne pouvoir accéder à un régime de protection sociale plus favorable, tandis qu’Uber et Lyft revendiquent leur statut de plateforme de mise en relation entre utilisateurs et chauffeurs, excluant de facto le recours au régime du salariat pour ces derniers. 

Régime de responsabilité des réseaux sociaux : les dirigeants de Google, Facebook et Twitter auditionnés par le Congrès des États-Unis

04 novembre 2020 - Intelligence artificielle

Le 28 octobre 2020, les dirigeants des trois réseaux sociaux parmi les plus importants à l’échelle mondiale, ont été auditionné par le Congrès américain. L’audience, menée par le sénateur républicain Roger Wicker, portait sur l’appréciation de la Section 230 du Communications Decency Act. Ce texte, véritable pilier de la législation des États-Unis depuis 1996, prévoit une exclusion de la responsabilité des hébergeurs pour les contenus publiés sur leurs plateformes. A contrario, les éditeurs sont tenus responsables des contenus publiés en ligne. Le Congrès américain a donc sollicité Marc Zuckerberg (Facebook), Sundar Pichai (Google) et Jack Dorsey (Twitter), afin de savoir si l’immunité garantie par cette Section 230 est la cause de mauvais comportements de la part de la Big Tech. 

Les dirigeants des trois réseaux sociaux ont unanimement considéré qu’il était juridiquement intenable d’engager la responsabilité des plateformes, pour le compte de publications de milliards d’utilisateurs situés dans le monde entier. Ceux-ci ont soutenu que la Section 230 a permis l’essor sans précédent des réseaux sociaux, ainsi que le leadership des États-Unis en la matière. Si le Congrès américain remet en question la légitimité du texte de loi, aucune alternative à ses dispositions n’a été véritablement proposée. À ce sujet, le Congrès a annoncé souhaiter aller dans le sens d’une responsabilisation des hébergeurs, concernant les politiques de modération des contenus de ces derniers. 

Nouvelle fonctionnalité de recherche d’Apple : vers une émancipation de l’emprise de Google ?

04 novembre 2020 - Financement de l'innovation

Le Financial Times (FT) a expliqué qu’Apple a introduit une nouvelle fonctionnalité de recherche, dans sa dernière mise à jour du système d’exploitation iOS 14. Celle-ci a la spécificité d’avoir été développée en interne par la firme. Cela signifie que Google a été écarté de certaines fonctionnalités de recherches de l’iOS 14. In concreto, les suggestions accessibles suite aux requêtes effectuées sur l’iPhone sont générées par Apple, et ne résultent plus de résultats émis par Google. Le FT précise que des suggestions de saisie dévoilent qu’Apple tente d’appréhender les requêtes les plus couramment produites par les utilisateurs. 

Il est également rapporté que le robot d’exploration du Web d’Apple, connu sous le nom d’Applebot, a dernièrement connu une hausse sensible de son activité. Or, l’Applebot est utilisé pour la création de bases de données complètes de documents en ligne. Ce processus procède systématiquement de l’élaboration d’un moteur de recherche. Enfin, Apple a embauché John Giannandrea en avril 2018, lequel avait auparavant la qualité de responsable de la recherche chez Google. À l’heure où le Congrès des États-Unis appelle au « démantèlement » des GAFA, et où Google se trouve l’objet de poursuites du Département de la Justice pour pratiques anticoncurrentielles, Apple semble avoir déjà pris le parti de l’émancipation par rapport à son partenaire d’affaires et principal concurrent. 

« Démantèlement des GAFA » : Google poursuivi par le DOJ pour pratiques anticoncurrentielles

28 octobre 2020 - Antitrust

Le 20 octobre 2020, le Département de la Justice (DOJ) des États-Unis a déposé une plainte à l’encontre de Google pour pratiques anticoncurrentielles. Cette procédure antitrust a été accompagnée par des plaintes similaires, produites par onze États américains. Les pratiques reprochées au géant de l’Internet concernent des entraves à la concurrence sur les marchés de la recherche et de la publicité en ligne. Le DOJ n’a, par ailleurs, pas exclu de rajouter des griefs, ou de porter une seconde plainte, à l’encontre du mastodonte. 

Avec plus de 80% des parts de marché détenues en matière de recherche générale, Google est « la passerelle vers Internet », selon les termes du procureur général adjoint, Jeffrey Rosen. Celui-ci a également précisé que Google est parvenu à maintenir son pouvoir monopolistique, en multipliant les pratiques d’exclusion nuisibles à la concurrence. Ces pratiques ont instauré des barrières à l’entrée du marché de la recherche, empêchant les concurrents de développer et d’offrir leurs propres produits et services. À ce stade de la procédure, le DOJ n’a pas précisé si un démantèlement de Google était envisagé, mais les déclarations du ministère laissent présager une telle éventualité. 

Projet de cloud européen et souverain : GAIA-X bienvenue aux opérateurs des États tiers

28 octobre 2020 - Intelligence artificielle & Relations internationales

Il y a quelques semaines, la conclusion des statuts de GAIA-X officialisait la création de l’association international sans but lucratif. Ce projet novateur, soutenu par vingt-deux membres fondateurs, était de proposer une alternative européenne à l’offre de cloud des États tiers, et notamment des États-Unis et de la Chine. Cette initiative était particulièrement soutenue par le couple formé par les ministres de l’Économie français et allemand. Cependant, il semblerait que cette position initiale ait évolué. 

Le 15 octobre 2020, Peter Altmaier, ministre allemand de l’Économie, a déclaré que, lorsque GAIA-X deviendrait opérationnelle, les firmes américaines, indiennes ou chinoises pourraient offrir leurs services par le biais l’association. Selon Peter Altmaier, cette offre pourrait se faire tout en assurant le respect des normes de GAIA-X. En outre, le ministre allemand a précisé que de nombreuses compagnies non européennes telles que Google, Microsoft et IBM, seraient autorisées à participer au projet européen. Alors que les règles de l’association s’opposent à une influence déterminante des entreprises non européennes sur le fonctionnement de GAIA-X, l’organisation Digital Europe (comptant Apple, Google et Facebook parmi ses membres) a déjà déposé sa candidature afin d’intégrer le projet européen. Cette déclaration de Peter Altmaier sème donc le trouble, dans la mesure où l’initiative GAIA-X visait, justement, à se prémunir de l’influence des géants du numérique extérieurs à l’Union européenne. 

Droit voisin des éditeurs de presse : la Cour d’appel de Paris confirme la décision de l’ADLC

21 octobre 2020 - Droit d'auteur et droits voisins

L’article 15 de la directive (UE) 2019/790 reconnaît un droit voisin au profit des « éditeurs de publications de presse (…) pour l’utilisation en ligne de leurs publications de presse par des fournisseurs de services de la société de l’information ». Cette directive a été transposée en droit français par la loi du 24 juillet 2019. En réaction, Google a choisi de modifier l’affichage de ses actualités sur son moteur de recherche. Google a supprimé des images et des extraits d’articles, pour ne laisser que certains liens présentant les titres (la protection des éditeurs de presse par le droit voisin ne s’appliquant pas aux actes d’hyperliens). Cette mesure lui évitait ainsi de rémunérer les éditeurs de presse. En octobre 2019, l’AFP et des syndicats de presse français ont saisi l’ADLC à l’encontre du géant du numérique, pour abus de position dominante. 

Le régulateur français de la concurrence a estimé, en avril 2020, que les pratiques de Google étaient bien susceptibles d’être qualifiées d’abus de position dominante. À ce titre, l’ADLC a prononcé des mesures conservatoires, et a enjoint à Google de négocier de bonne foi avec les éditeurs de presse afin de déterminer une rémunération. La firme a formé un appel contre cette décision en juillet 2020. Par un arrêt du 8 octobre 2020, la Cour d’appel de Paris a confirmé la décision de l’ADLC. Le juge a considéré que les pratiques de Google portaient une « atteinte grave et immédiate (…) au secteur de la presse ». Cette atteinte justifiait pleinement les mesures édictées par l’ADLC, relatives à la fixation d’une rémunération pour la reprise de contenus des éditeurs de presse selon des critères transparents, objectifs et non-discriminatoires. Cette décision a été saluée par la présidente de l’ADLC, Isabelle Da Silva, qui a précisé que « la concurrence s’applique à tous, y compris dans le numérique ». 

Vers un remède au monopole de Google : une cession de Google Chrome ?

21 octobre 2020 - Antitrust

En octobre 2020, la commission antitrust de la Chambre des représentants des États-Unis rendait un volumineux rapport préconisant le démantèlement des GAFA. En effet, il a été estimé que les quatre mastodontes du numérique occupent une position monopolistique, dont ces derniers abusent en multipliant les pratiques anticoncurrentielles. Par la suite, le Département de la Justice des États-Unis et les procureurs généraux ont entamé une réflexion afin de limiter le monopole de ces firmes, en se concentrant sur Google. Plusieurs pistes ont ainsi été envisagées. 

De nombreuses acquisitions de Google ont été critiquées par les autorités, dont le rachat d’AdMed, d’InviteMedia, d’Admob ou de DoubleClick. Ces rachats ont permis à Google de renforcer sa position dominante, et pourraient se voir remettre en question par la justice américaine. Une piste privilégiée semble consister en une cession forcée de Chrome, le navigateur web le plus utilisé au monde depuis son lancement, en 2008. Il a été expliqué que Google se sert de Chrome afin de développer ses outils publicitaires, en exploitant les données utilisateurs à sa disposition. Les pratiques et le modèle économique de Google devraient faire l’objet d’un examen plus approfondi, à l’occasion des poursuites judiciaires dont la multinationale est actuellement la cible. 

Prix Nobel de chimie 2020 et CRISPR-Cas9

14 octobre 2020 - Financement de l'innovation

Le 7 octobre 2020, le prix Nobel de chimie 2020 a été décerné à la française Emmanuelle Charpentier et à l’américaine Jennifer Doudna. Les deux scientifiques ont été récompensées pour le développement des ciseaux génétiques CRISPR-Cas9, connus pour être un outil de pointe de la technologie génétique. Ces ciseaux génétiques permettent de modifier l’ADN de micro-organismes, d’animaux et de plantes. Cette technique laisse entrevoir une révolution dans le domaine des sciences moléculaires, avec l’élaboration d’applications thérapeutiques nouvelles destinées à soigner des pathologies sévères. 

Rattachées respectivement au Max Planck Unit for the Science of Pathogens (Allemagne) et à l’Université de Californie (États-Unis), Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna ont recréé les ciseaux génétiques d’une bactérie dans un tube à essai. Les deux chercheuses ont procédé à une simplification des composants moléculaires des ciseaux afin de les rendre plus facilement utilisables. Enfin, celles-ci ont prouvé que les ciseaux pouvaient être contrôlés pour couper une molécule d’ADN quelconque sur un site prédéterminé. Comme toutes les découvertes scientifiques révolutionnaires, l’enjeu d’un usage éthique et responsable de cette technologie est soulevé. 

Rapport antitrust des députés américains : les GAFA accablés

14 octobre 2020 - Antitrust

Le rapport tant attendu de la commission antitrust de la Chambre des Représentants, a été rendu le 6 octobre 2020. D’un volume de quatre-cent-quarante-neuf pages, ce rapport fait suite à l’enquête menée par les parlementaires américains depuis un an et quatre mois. La commission antitrust a fondé son analyse sur plus d’un million de documents, et sur les résultats de la mémorable audience des dirigeants des GAFA au Congrès des États-Unis (le 29 juillet 2020). Les conclusions des députés sont sans appel : ceux-ci ont recommandé au Congrès un « démantèlement des plateformes dominantes ». 

Les députés ont estimé que les GAFA doivent « faire l’objet d’une surveillance et d’une application des lois adéquate », l’économie et la démocratie des États-Unis dépendant, selon eux, de l’effectivité de ces mesures. Apple a été accusé de se servir de l’App Store afin de privilégier ses produits, tandis que Google s’est vue reprocher une série de tactiques anticoncurrentielles destinées à préserver son monopole. La commission a précisé que Facebook entretenait son propre monopole en multipliant les acquisitions de firmes concurrentes, lorsqu’Amazon se rend coupable d’un conflit d’intérêts du fait de son double rôle de vendeur et d’opérateur de marché dans le secteur du commerce en ligne. Il est plus que probable que les autorités de régulation, notamment européennes, prêtent une attention soutenue à ce rapport particulièrement fourni. 

Vers un droit de l’IA de l’Union européenne ?

07 octobre 2020 - Intelligence artificielle

Le 1er octobre 2020, la commission des affaires juridiques du Parlement européen a adopté trois rapports, visant l’encadrement juridique et la régulation de l’IA. Ces rapports ont mis l’accent sur les problématiques posées par l’IA en matière de droit de la propriété intellectuelle, de responsabilité civile et d’éthique. Il a été reconnu que l’IA, dotée de capacités d’auto-apprentissage, doit pouvoir être contrôlée par l’humain. Les propositions formulées dans ces rapports sont directement inspirées du livre blanc sur l’IA, publié par la Commission européenne le 19 février 2020.   

Le rapport traitant du droit de la propriété intellectuelle a mis en lumière la nécessaire mise en place d’un système de propriété intellectuelle protecteur des développeurs. À cet égard, une étude d’impact a été sollicitée par Stéphane Séjourné, député français porteur de ce premier rapport. Le second rapport, à l’initiative du député allemand Axel Voss, a appelé à l’instauration d’un régime de responsabilité civile de l’IA. Celui-ci devrait être strict à l’égard des systèmes autonomes présentant certains risques. Enfin, le dernier rapport était porté par le député espagnol Iban Garcia del Blanco. Celui-ci a invité la Commission européenne à adopter des principes éthiques liés au développement et à l’exploitation de l’IA. Ces principes seraient centrés sur le respect des droits fondamentaux, la sécurité, la transparence et la responsabilité. La version finale de la législation européenne sur l’IA, devrait être présentée par la Commission européenne en 2021. 

Contrefaçon de brevet dans l’automatisation logistique : AutoStore/Ocado

07 octobre 2020 - Contentieux brevets

L’entreprise norvégienne AutoStore a assigné son concurrent britannique, Ocado, en contrefaçon de brevets. Les deux sociétés sont spécialisées dans l’élaboration et la commercialisation de systèmes d’entrepôt automatisé. AutoStore est titulaire de brevets sur ces technologies, notamment quant à l’agencement du mécanisme de levage robotisé. Celle-ci a expliqué qu’Ocado, qui serait sa cliente depuis 2012, a développé son propre système baptisé Ocado Smart Platform” (OSP), en s’inspirant des innovations mises au point par la firme norvégienne.  

Dans un communiqué signé par le président d’AutoStore, Karl Johan Lier, la société dénonçait une « violation continue », par son concurrent, de ses droits de propriété intellectuelle. C’est à ce titre qu’AutoStore a agi en contrefaçon à l’encontre d’Ocado, à la fois aux États-Unis et au Royaume-Uni. AutoStore a sollicité du juge une interdiction, pour Ocado, de faire usage de sa technologie d’entrepôt automatisé aux États-Unis, ains que des dommages et intérêts. Ocado n’a cependant pas entendu rester passive face aux actions d’AutoStore ; l’entreprise britannique a affirmé détenir ses propres brevets lui permettant d’exploiter sa technologie. Pour faire bonne mesure, Ocado a également précisé qu’une enquête serait diligentée à l’égard d’AutoStore, afin de vérifier si cette dernière n’a pas contrefait ses brevets.  

Accès aux vaccins contre la Covid-19 : évolutions du dispositif COVAX

30 septembre 2020 - Covid-19 & Relations internationales

Il y a quelques semaines, l’OMC déclarait le lancement du dispositif COVAX (Covid-19 Vaccine Global Access), en partenariat avec, notamment, l’Alliance Gavi. Il s’agit d’un mécanisme destiné à assurer un accès mondial au vaccin contre la Covid-19. Ce problème de l’accès aux traitements contre le coronavirus se pose de façon croissante. Le 17 septembre 2020, l’ONG Oxfam relevait que 13% de la population mondiale accaparait 51% des doses de vaccins destinées aux essais cliniques. Le dispositif de groupement des achats que constitue le COVAX, permettrait une protection plus efficiente des populations. 

Le but du système COVAX serait donc de maîtriser la pandémie, en assurant un accès équitable aux traitements. Cet objectif suppose qu’une impulsion soit donnée par les États, des investissements et engagements de grande ampleur pouvant favoriser la réussite du projet. À la fin du mois d’août 2020, cent soixante-douze pays avaient entamé des discussions afin de participer au mécanisme. Le 21 septembre 2020, plus de soixante États riches ont annoncé leur adhésion au COVAX. Cette adhésion est fondamentale, dans la mesure où des déficits de financement sont à combler, notamment en matière de R&D. Il convient de relever l’absence notable des États-Unis et de la Chine à ce dispositif.  

Reconnaissance faciale : des entreprises européennes accusées de transferts de technologies vers la Chine

30 septembre 2020 - Intelligence artificielle & Relations internationales

Un rapport du 21 septembre 2020, signé par Amnesty International, a révélé que certaines entreprises européennes ont effectué des transferts de technologies de reconnaissance faciale vers la Chine. Idemia, entreprise française fruit d’un rapprochement entre les sociétés Oberthur Technologies et Safran, a notamment été citée. En 2015, celle-ci aurait commercialisé au Bureau de sécurité publique de Shanghai (poste de police local) un dispositif permettant la détection et la reconnaissance de visages sur des bandes vidéo. Selon Idemia, la technologie de surveillance n’aurait jamais été déployée par les services chinois. 

Dans son rapport, Amnesty International a appuyé sur le fait que la protection des droits de l’homme n’est pas garantie en Chine, où est situé l’utilisateur final des logiciels de surveillance. L’ONG a cependant estimé que la position d’Idemia en matière de reconnaissance faciale a évolué, dans la mesure où cette dernière a fini par appliquer une politique de non vente de ses systèmes de surveillance aux autorités chinoises. Cette évolution a suivi une identification des risques liés aux violations des droits de l’homme, lesquels sont associés aux exportations de ces technologies vers la Chine. Amnesty International a insisté sur le défaut de cadre légal régissant l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale, rendant potentiellement liberticide l’exploitation de ces dispositifs. 

Lancement du Cloud européen : GAIA-X sera une AISBL

23 septembre 2020 - Intelligence artificielle

Le 15 septembre 2020, les statuts de GAIA-X ont été signés à Bruxelles. Il a été décidé que la forme juridique de la structure consisterait en une association internationale sans but lucratif (AISBL). Le projet franco-allemand visant la création d’un Cloud souverain de l’Union européenne, a été dévoilé en juin 2020 par Peter Altmaier et Bruno Le Maire (ministres de l’Économie allemand et français). Les fondations du projet sont solides : Atos, Orange, OVHcloud, BMW Group, Siemens, Safran, EDF, Amadeus, 3DS Outscale, Scaleway, figurent parmi les fondateurs de GAIA-X. 

L’objectif de cette initiative paneuropéenne serait d’offrir aux entreprises une alternative à la fourniture de services Cloud par les mastodontes représentés par les GAFAM, mais également par Tencent et Alibaba. Le partenariat entre les géants européens devrait permettre la mise au point d’un moteur de recherche spécifique. Celui-ci serait destiné à promouvoir les offres des fournisseurs de Cloud européens. Le nombre des membres au projet GAIA-X augmente au fil des mois, tandis qu’un sommet devrait se tenir en novembre 2020 afin d’échanger sur les solutions mises au point par la structure. Dans la lignée de la stratégie suivie par la Commission européenne en matière de numérique et de données, GAIA-X prônerait le respect du RGPD ainsi que la protection des données des utilisateurs. 

Cyberattaques russes, iraniennes et chinoises : les élections présidentielles des États-Unis dans le viseur

23 septembre 2020 - Cybersécurité & Relations internationales

Au début du mois de septembre 2020, Microsoft a révélé que des organismes et personnalités participant à la campagne présidentielle menée aux États-Unis, étaient la cible récurrente d’attaques informatiques. Ces cyberattaques viseraient tant l’entourage de Donald Trump que de Joe Biden ; celles-ci proviendraient de Russie, d’Iran et de Chine. Tom Burt, vice-président chargé de la sécurité et de la confiance des consommateurs chez Microsoft, a déclaré que la plupart de ces attaques avaient été détectées et stoppées par des outils de sécurité intégrés aux technologies. 

Les cyberattaques russes auraient été réalisées par le groupe Strontium. Les hackers ont visé plus de deux cent organisations, groupes de défense et consultants politiques y compris. Le groupe Phosphorus serait responsable des cyberattaques en provenance d’Iran. Celles-ci visaient les comptes personnels de personnalités impliquées dans la campagne présidentielle de Donald Trump. Quant aux cyberattaques chinoises, elles auraient été perpétrées par le groupe Zirconium. Ce dernier a pris pour cible diverses personnalités liées à la campagne de Joe Biden, ainsi que des dirigeants de la communauté des affaires internationales. Lors des élections européennes de février 2019, le même phénomène de multiplication des cyberattaques à l’encontre des organismes et instances impliqués dans la campagne avait été constaté par Microsoft.  

Tensions sino-américaines : annulation du projet de câblage entre Hong Kong et les États-Unis

16 septembre 2020 - Relations internationales & Financement de l'innovation

En 2017, Google et Facebook ont proposé à la FCC un projet de câble sous-marin, destiné à relier Hong Kong au continent américain. Les deux géants du numérique ont pris de nombreuses initiatives en ce sens, afin de faire poser des câbles en direction de l’Asie, l’Europe et l’Afrique. En juin 2020, le département de la justice des États-Unis et certaines agences de sécurité américaines ont sollicité un refus d’autorisation auprès de la FCC. Les autorités américaines craignent en effet que la Chine exploite ce câblage afin d’accéder aux données des citoyens des États-Unis. 

Face à ces inquiétudes, Google et Facebook ont fini par retirer leur projet sur recommandations de la FCC. Geoffrey Starks, commissaire à la FCC, a déclaré sur Twitter qu’il partageait les craintes du département de la justice relatives à la préservation de la sécurité nationale. Celle-ci pourrait être remise en cause par deux éléments : d’une part, la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong a remis en cause l’autonomie de cette dernière ; tandis que le projet de câblage impliquait une collaboration avec l’entreprise hong-kongaise Pacific Light Data Communication, laquelle est soupçonnée d’entretenir indirectement des liens avec les services de renseignements nationaux. Google et Facebook ont cependant trouvé une alternative à ce projet, en déposant une demande de câblage pour les portions États-Unis-Taïwan et États-Unis-Philippines devant la FCC. 

 

JO 2024 et reconnaissance faciale : la CNIL envisage d’assouplir sa position

16 septembre 2020 - Intelligence artificielle

La CNIL se montre habituellement très méfiante envers l’utilisation des systèmes de reconnaissance faciale dans les espaces publics. L’utilisation de ces derniers est, pour l’instant, interdite en France. En novembre 2019, la CNIL avait précisé que les expérimentations liées à la reconnaissance devaient faire l’objet d’un encadrement strict, par le biais d’un protocole. Cependant, Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL, a affirmé en septembre 2020 que le recours à la reconnaissance faciale était « envisageable » pour le déroulement des JO 2024. 

La CNIL a précisé que cet usage du dispositif de reconnaissance faciale devait se faire soit sur la base d’un consentement réel, soit sur la base d’un texte qui autoriserait les expérimentations sur un périmètre délimité et pendant un laps de temps prédéfini. Comme le rappelle sa présidente, il s’agit de concilier la protection des libertés des citoyens français, et la protection de leur sécurité. Les enjeux sécuritaires sont particulièrement élevés pour l’organisation de cet événement de grande ampleur. De nombreuses entreprises telle que Capgemini, Dassault Systèmes et Atos, sont déjà dans la course afin de remporter les marchés publics afférents aux JO 2024. 

Financement de l’IA et du quantique : les États-Unis souhaitent maintenir une pression concurrentielle sur la Chine

09 septembre 2020 - Financement de l'innovation

Le 26 août 2020, Washington a dévoilé un plan d’un milliard de dollars, destiné à financer la recherche dans les domaines de l’IA et de l’informatique quantique. Ce financement, réparti sur les cinq prochaines années, servirait à créer douze instituts américains dédiés à la recherche dans ces secteurs. L’alliance des partenaires privés (tels qu’IBM et Microsoft) et d’agences fédérales américaines (comme le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’énergie et la Fondation nationale des sciences) a permis de récolter des fonds suffisants, que cela soit en numéraire ou sous la forme de dons de services technologiques. 

Un rapport publié en 2019 par le Center for Data Innovation, a révélé que les performances chinoises en matière d’IA et d’informatique quantique outrepassent celles des États-Unis et de l’Union européenne. Cette dernière, par exemple, accuse un retard conséquent concernant les dépôts de brevets d’IA. Les États-Unis n’entendent cependant pas se laisser distancer par la Chine. Michael Kratsios, CTO à la Maison Blanche, a déclaré qu’il était absolument impératif que les États-Unis demeurent leader mondial en matière d’IA et de quantique. C’est pourquoi les instituts américains devraient concentrer leurs recherches sur des axes stratégiques, tels que l’agriculture et la météorologie. 

 

TikTok : l’inquiétude des européens

09 septembre 2020 - Relations internationales

Le gouvernement des États-Unis exerce une pression sur les entreprises chinoises, et sur TikTok en particulier. Des craintes ont surgi en Europe quant à l’adoption d’une position similaire de la part des instances de l’Union européenne. Le 1er septembre 2020, Thierry Breton, le commissaire européen en charge du marché intérieur, a déclaré n’avoir « pas pour mission d’interdire une entreprise, mais d’expliquer très clairement nos règles ». Celui-ci a expliqué que la préoccupation majeure réside au niveau des données, et plus précisément de leur protection. Thierry Breton a affirmé être en accord avec la Maison Blanche sur le sujet, tout en précisant que l’Union européenne a une longueur d’avance sur les États-Unis en la matière.  

En effet, le US Cloud Act est estimé avoir été adopté pour ne pas être en reste du fameux RGPD européen. Pour sa part, TikTok a tenté d’apaiser l’Union européenne et les États-Unis, en assurant que les données des utilisateurs européens et américains sont stockées sur des serveurs situés aux États-Unis et à Singapour. L’Union européenne s’est cependant montrée inflexible, en estimant que les données européennes doivent être traitées et stockées en Europe. Le géant chinois a pris acte de la position de l’Union. Au début du mois d’août 2020, TikTok a dévoilé la création d’un data center sis en Irlande, à Dublin. Les données des utilisateurs européens y seront stockées et traitées à partir de 2022. 

Une levée de fonds historique pour SpaceX

02 septembre 2020 - Financement de l'innovation

Un rapport de SpaceNews a annoncé que la célèbre entreprise d’Elon Musk, SpaceX, a levé plus de 1,9 milliard de dollars en août 2020 (soit 1,6 milliard d’euros). Il s’agit de la levée de fonds la plus importante jamais réalisée par la société californienne. Soixante-dix-huit investisseurs auraient participé à cette nouvelle levée de fonds, dont Fidelity Investments. SpaceX a également réussi à élever le montant de ses nouveaux financements en vendant des actions, ce qui porte les sommes perçues à plus de 2 milliards de dollars. 

La célèbre entreprise a récemment enchaîné les succès, ce qui a incité les investisseurs à s’intéresser aux projets d’Elon Musk. Non seulement la capsule Crew Dragon a permis à deux astronautes américains de rejoindre la Station spatiale internationale, mais l’élaboration du vaisseau Starship est en bonne voie. De plus, l’ambitieux projet d’accès à l’Internet par satellite, Starlink, fait face à une importante demande. SpaceX a également remporté des contrats de lancement de satellites militaires, conclus avec le Pentagone, pour la fourniture de services de sécurité nationale américaine. Cette série de succès place SpaceX sous des auspices favorables.

Riposte de TikTok : le gouvernement des États-Unis poursuivi en justice

02 septembre 2020 - Relations internationales

Au début du mois d’août 2020, un décret du président des États-Unis, Donald Trump, prohibait toute transaction entre les citoyens américains et la société-mère de TikTok, ByteDance. Cette mesure vise à écarter l’utilisation et la présence de TikTok aux États-Unis. Le 24 août 2020, TikTok a engagé un procès à l’encontre du gouvernement des États-Unis devant la juridiction californienne. Les poursuites de TikTok visent à faire contester la licéité du décret américain. L’entreprise estime ce décret contraire au cinquième amendement de la Constitution des États-Unis, lequel prévoit le droit à « une procédure légale régulière » (“due process of law”). 

 Donald Trump a adopté le décret litigieux sur la base de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), qui permet de prendre des mesures extraordinaires afin de réglementer les relations économiques en cas de risques pour la sécurité nationale. TikTok estime que les accusations du gouvernement des États-Unis, qui soutient que l’application constitue une menace pour la sécurité nationale du fait de l’accès aux données des utilisateurs par le gouvernement chinois, sont dépourvues de fondement. Pendant que le gouvernement des États-Unis focalise son attention sur les sanctions infligées aux entreprises chinoises, les GAFAM profitent de ces tenions afin de promouvoir l’utilisation de leurs applications et technologies. 

Oracle, le nouvel acheteur potentiel de TikTok

26 août 2020 - Intelligence artificielle

Après avoir annoncé son intention d’interdire l’utilisation de l’application chinoise aux États-Unis, Donald Trump a décidé de revenir sur sa position. Le président des États-Unis a cependant imposé la condition qu’une firme américaine acquière les activités de TikTok aux États-Unis. En effet, Donald Trump a estimé que le géant chinois transmettait les données des utilisateurs américains au gouvernement de République Populaire de Chine. C’est pourquoi Donald Trump a accordé un délai de quatre-vingt-dix jours à TikTok afin d’organiser la cession. De nombreux candidats, grands noms du digital tels que Microsoft et Twitter, se sont déjà avancés pour acquérir la branche US de l’application. 

Il y a quelques jours, Oracle a également entamé des pourparlers en ce sens avec l’entreprise chinoise. Donald Trump s’est montré particulièrement enthousiaste quant à ce projet de rachat. Actuellement, Oracle préparerait une offre de rachat des activités de TikTok visant l’Amérique du Nord, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il est reporté que la multinationale travaille activement aux côtés d’investisseurs de ByteDance, dont Sequoia Capital et General Atlantic, afin d’asseoir le projet. Cette nouvelle offre émanant d’Oracle vient porter un coup dur à la proposition de rachat de Microsoft, qui faisait jusqu’alors figure de candidat favori. 

Apple menacé en Chine ?

26 août 2020 - Financement de l'innovation

Le 4 août 2020, AppInChina a annoncé le retrait de 47 000 de ses applications de l’App Store chinois. Cette mesure a fait suite aux pressions des autorités chinoises visant la société américaine. Lors du lancement de l’App Store en 2010, le gouvernement chinois se montrait relativement permissif. Cependant, les tensions sino-américaines se sont accumulées ces dernières années. En avril 2016, les autorités chinoises avaient déjà contraint le géant du numérique à fermer l’iBookstore et l’iTunes Movies, quelques mois seulement après le lancement de ces services en Chine. 

Récemment, la guerre commerciale que se livrent les deux puissances a connu un pic, avec les mesures américaines adoptées à l’encontre de TikTok, WeChat et Huawei. Au vu de l’escalade des sanctions que s’infligent mutuellement la Chine et les États-Unis, Apple constitue manifestement un bouc émissaire dont l’activité se retrouve menacée sur le territoire chinois. Dans une étude partagée par MacRumors, il est estimé que les ventes d’iPhone pourraient subir une chute de l’ordre de 25 à 30% en Chine. De nombreux experts considèrent que la censure chinoise pourrait forcer Apple à arrêter ses activités en Chine, alors même que des millions de chinois utilisent les produits et services offerts par la firme américaine. 

Deep learning et détection de la Covid-19 : mise au point d’un algorithme par Tencent

19 août 2020 - Intelligence artificielle

Le 21 juillet 2020, la revue Nature Communications présentait les travaux réalisés conjointement par Tencent AI Lab et un groupe de chercheurs spécialisés dans la santé publique. Ces travaux avaient pour objet l’élaboration d’un algorithme permettant de prédire le risque de développer une forme sévère de la Covid-19. L’unité de recherche de Tencent et l’équipe de scientifiques ont mis au point un nouveau modèle de deep learning, fondé sur une base de 1 590 patients en provenance de 575 centres médicaux chinois. Le géant chinois a compris qu’un des moyens de prévenir la catastrophe sanitaire consiste à dépister les patients atteints de Covid-19 à un stade précoce, afin de déterminer quels patients risquent de développer une forme grave de la maladie.  

L’outil prédictif basé sur le deep learning a fait l’objet d’une publication en ligne. Cela devrait permettre au personnel médical d’utiliser ce nouvel instrument de dépistage à l’échelle mondiale. Le calcul de la probabilité qu’un patient soit sévèrement affecté est ainsi effectué dans un délai maximal de trente jours, à partir de dix variables cliniques comprenant notamment le nombre de comorbidités, l’âge, et le taux de créatine kinase. Tencent s’inscrit pleinement dans la course aux projets de détection poussée de la Covid-19. En effet, Alibaba et Baidu ont déjà dévoilé de tels algorithmes de dépistage, particulièrement performants, en mars et février 2020. 

Cyberattaques russes, nord-coréennes et chinoises : les premières mesures de l’UE

19 août 2020 - Cybersécurité

Le 30 juillet 2020, le Conseil de l’Union européenne a imposé des sanctions à l’encontre de trois entités et six personnes, dont l’implication dans des cyberattaques majeures est suspectée. Ces sanctions visent la Direction générale des renseignements de l’État-Major des forces armées russe (GRU), l’entreprise nord-coréenne Chosun Expo (ayant apporté son soutien au groupe de hackers Lazarus Group), ainsi que l’entreprise chinoise Haitai Technology Development. Des agents et personnels des trois entités ont été sanctionnés pour la cyberattaque perpétrée à l’égard de l’OIAC, ainsi que pour les opérations WannaCry”, “NotPetya et “Cloud Hopper”. 

Les sanctions prononcées par l’Union européenne comportent un gel des avoirs, ainsi qu’une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’Union. De plus, l’interdiction a été faite aux entités et personnes de l’Union de mettre des fonds à disposition des auteurs de ces cyberattaques. L’Union a infligé ces mesures restrictives pour la première fois depuis l’adoption de la « boîte à outils cyberdiplomatiques », en juin 2017. Celle-ci a été instituée dans l’objectif de décourager et de déjouer ce genre d’attaques. Cependant, Thierry Breton a estimé insuffisant ce cadre juridique, le commissaire européen au marché intérieur incitant l’Union européenne à adopter de véritables outils de « cyberdissuasion ». 

Rachat de Fitbit par Google : ouverture d’une enquête par la Commission européenne

12 août 2020 - Antitrust

La Commission européenne a décidé d’ouvrir une enquête approfondie visant le projet de rachat de Fitbit par Google. Fitbit est une entreprise américaine et un leader mondial des objets connectés spécialisés dans les activités liées au sport. En novembre 2019, Google avait annoncé le rachat de l’entreprise pour un montant de 2,1 milliards de dollars. Cependant, ce projet de rachat a été contesté, à la fois par la Commission européenne, par le régulateur européen des données personnelles, et par les organisations de protection des consommateurs. 

En effet, cette opération risquerait d’accentuer la position dominante de Google sur le marché pertinent, et de porter atteinte à la confidentialité des données de santé des utilisateurs. Le 13 juillet 2020, la multinationale avait proposé à la Commission de mettre au point un système en « silo ». Cette solution permettrait de tenir séparées certaines données récoltées par des dispositifs portables, d’autres séries de données détenues par Google.  Néanmoins, cette proposition n’a pas convaincu Bruxelles, surtout dans un contexte où les objets connectés ainsi que les données personnelles sont amenés à croître de façon importante. 

Violation du RGPD : Spartoo écope d’une amende de la CNIL

12 août 2020 - Données personnelles

Le 5 août 2020, la CNIL a pris la décision de sanctionner Spartoo des infractions au RGPD perpétrées par cette dernière. Le montant de l’amende infligée à l’entreprise française, spécialisée dans la vente en ligne de chaussures, s’élève à 250 000 euros. Cette sanction a été adoptée suite à un contrôle effectué en 2018. La CNIL relève notamment une mauvaise protection des données bancaires des clients, de même qu’une conservation trop longue de certaines des données personnelles de ceux-ci. En outre, Spartoo a enfreint le principe de minimisation des données, et a manqué à son obligation d’information des clients concernant le respect de la législation. 

De façon générale, la CNIL a noté que Spartoo n’avait pas mis en place de politique permettant d’encadrer la conservation des données à l’échelle de l’entreprise. La CNIL a précisé qu’au moins trois millions d’européens sont affectés par la conservation illicite de données, les clients français n’étant donc pas seuls à être concernés. En effet, le portail de vente du site est accessible dans treize pays de l’Union européenne. C’est pourquoi la CNIL a décidé, dans cette affaire, de se positionner comme « chef de file » auprès des autres autorités européennes de régulation de l’informatique et des données personnelles. 

Partenariat stratégique entre Orange et Google Cloud : vers un développement du Cloud en Europe

05 août 2020 - Financement de l'innovation

Le 28 juillet 2020, Orange a dévoilé son partenariat avec Google Cloud. Ce partenariat, qualifié de « stratégique » par Orange, fait partie intégrante du programme « Engage 2025 » du groupe français, visant à améliorer l’expérience utilisateur par le biais de l’IA. C’est pourquoi Orange souhaite se servir des technologies de Google Cloud afin d’élaborer une plateforme d’analyse de données et d’apprentissage automatisé de nouvelle génération.  

Ce partenariat permettrait à Google Cloud de se positionner en tant que leader du cloud en Europe en proposant des services et technologies de pointe, ciblant notamment les petites et grandes entreprises. En effet, cet accord s’ancre dans un contexte de mise en place des réseaux 5G en Europe. Le partenariat entre le professionnel français des télécommunications et le géant américain du cloud d’infrastructure donnera lieu à une offre nouvelle de services de cloud computing et d’edge computing en Europe. L’edge computing vise à fournir des services à faible latence, particulièrement rapides, permettant de traiter d’importants volumes de données en temps réel. Orange et Google Cloud ont également annoncé que leur partenariat a donné lieu à la mise en place d’un laboratoire d’innovation pour l’élaboration de nouvelles solutions industrielles, et d’un centre d’excellence visant la formation sur les services de données. 

GAFA et antitrust : les géants du numérique devant le Congrès des États-Unis

05 août 2020 - Antitrust

Les dirigeants de Google, Apple, Facebook, Amazon ont été entendus par le Congrès des États-Unis ce 29 juillet 2020. L’audience, présidée par le député David Cicilline, visait à déterminer dans quelle mesure ces multinationales abusent de leur position dominante de façon à affecter la concurrence sur le marché. Les députés constituant le sous-comité antitrust de la Chambre des représentants ont rappelé que les géants du digital croissent sans cesse au détriment des sociétés de taille plus modeste. Si celles-ci se montrent particulièrement innovantes et font concurrence aux GAFA, elles sont alors destinées à être rachetées par les mastodontes, ou bien, tout simplement, à disparaître. 

L’audience a duré cinq heures trente et divers sujets ont été abordés, allant de l’utilisation des données personnelles des utilisateurs, au rachat par les GAFA de leurs concurrents, en passant par les vols de données et les pratiques de surveillance de masse. Tandis que Mark Zuckerberg a peiné à justifier le rachat d’Instagram par Facebook, Jeff Bezos s’est montré évasif quant aux accusations de récupération et d’utilisation des données personnelles des utilisateurs à des fins anticoncurrentielles visant Amazon. Le bilan est somme toute mitigé pour les GAFA, qui n’ont globalement pas convaincu les membres du Congrès. L’audition a plutôt confirmé les craintes des députés, que ceux-ci soient républicains ou démocrates. 

Affaire des rulings fiscaux irlandais : Apple remporte son procès contre la Commission européenne

29 juillet 2020 - Financement de l'innovation

Le 15 juillet 2020, le Tribunal de l’Union a rendu une décision donnant raison à Apple et à l’Irlande, au détriment de la Commission européenne, dans l’affaire des rulings fiscaux irlandais. En 1991 et 2007, des rulings fiscaux ont été émis par l’administration fiscale irlandaise au bénéfice d’Apple. Ces rulings ont permis au géant de l’Internet, dont les entreprises étaient constituées en tant que sociétés de droit irlandais sans avoir la qualité de résidentes fiscales irlandaises, de bénéficier d’un régime fiscal très favorable.  

Or, la Commission a considéré que ces rulings constituent une aide d’État illicite car faussant les règles de la concurrence au sein du marché intérieur, au sens de l’article 107 du TFUE. Selon la Commission, l’Irlande aurait accordé un avantage fiscal indu d’un montant d’environ treize milliards d’euros à Apple. Cependant, le Tribunal est venu infirmer cette décision de l’institution européenne. En effet, le Tribunal a estimé que, bien que les rulings fiscaux en cause présentent un caractère lacunaire et parfois incohérent, la Commission n’a pas démontré l’existence d’un avantage octroyé discrétionnairement par les autorités fiscales irlandaises à Apple. Une victoire pour la multinationale, malgré le probable pourvoi ultérieur de la Commission. 

Cartographie planétaire des taux de CO2 : Capgemini mandatée par l’Agence spatiale française

29 juillet 2020 - Intelligence artificielle

Le Centre National d’Études Spatiales (CNES), qui est l’organisme public français en charge des activités spatiales, a sélectionné la société française Capgemini afin de cartographier les sources et puits de CO2 depuis l’espace. Dans le cadre de cette mission spatiale baptisée « MicroCarb », Capgemini aura la tâche de programmer une partie du satellite destiné à mesure la quantité de dioxyde de carbone à l’échelle de la planète. Cette mission de cartographie vise à mieux appréhender les enjeux liés au changement climatique. 

Le lancement du satellite du CNES est prévu pour 2021. Celui-ci, alimenté par la lumière solaire reflétée sur la surface terrestre, procèdera à la cartographie des sources de dioxyde de carbone. Les algorithmes de Capgemini, particulièrement puissants, serviront justement à déterminer les quantités de CO2 selon la proportion de lumière réfléchie. Cette application de l’IA au domaine spatial permettrait de mieux comprendre le cycle du carbone. Spécialisée dans la fourniture de services numériques et la transformation numérique, Capgemini avait déjà participé au projet Biomass de l’Agence spatiale européenne (ESA), ainsi qu’au développement de l’application StopCovid. 

Fugaku : le supercalculateur le plus puissant au monde est maintenant japonais

22 juillet 2020 - Intelligence artificielle

Le superordinateur japonais Fugaku vient de remplacer le supercalculateur américain Summit en première place du classement mondial du TOP500. Fugaku, co-développé par l’institut Riken et par Fujitsu, vient également se placer en tête des classements HPCG, Graph 500 et HPL-AI. Cette technologie, qui porte le même nom que le célèbre Mont Fuji, dispose d’une puissance de 415,53 pétaflops (un pétaflop correspondant à un million de milliards d’opérations à la seconde), alors que Summit a une puissance de 148,6 pétaflops. Fugaku se montre donc trois fois plus rapide que son rival américain. 

Fugaku ne sera mis en service qu’à compter de 2021, et sera hébergé à Kobe, par le Riken Center for Computational Science. Cependant, le supercalculateur a déjà commencé à être exploité pour des recherches concernant la Covid-19. Cette utilisation de l’ordinateur devrait permettre de développer de nouveaux traitements et de nouvelles solutions industrielles afin de répondre à la crise actuelle. L’émergence du Japon parmi les géants des supercalculateurs est notable, dans la mesure où les États-Unis et la Chine représentent 70% de ces technologies du classement TOP500. 

Dépôts de brevets d’IA : un retard de l’Europe

22 juillet 2020 - Intelligence artificielle

Une étude publiée par le cabinet OxFirst, spécialisé dans l’économie de la propriété intellectuelle, montre que l’Europe ne se place même pas dans les cinq premiers rangs des déposants de brevets en matière d’IA. Les premières places de ce classement sont occupées par la Chine, les États-Unis, la république de Corée et le Japon. Le premier pays européen à faire son entrée au sein du classement est le Royaume-Uni, en dixième place, avec 535 brevets d’IA déposés entre 2010 et 2020. Quant à l’OEB, en sixième place, celui-ci ne compte au total que 5 201 dépôts de brevets pendant la même période. 

Cette étude dévoile également que les brevets d’IA visent la plupart du temps les technologies de machine learning. Celles-ci ont connu une augmentation sensible ces dernières années, notamment dans le secteur médical. Dans un second classement de l’étude effectué par nombre de brevets d’IA déposés par les entreprises, nous pouvons constater que Samsung Electronics, IBM et Tencent dominent largement les autres entreprises. Aucune entreprise européenne ne vient s’insérer dans les vingt premiers rangs de ce classement. Cette absence dévoile un retard inquiétant de l’Europe dans sa stratégie de brevets d’IA. Ce retard est notable face aux technologies de pointe et aux stratégies de dépôt sophistiquées des géants chinois et américains. 

Le CEPD réclame une interdiction temporaire des systèmes de reconnaissance faciale dans l’espace public

15 juillet 2020 - Intelligence artificielle

Le Comité Européen de la Protection des Données (CEPD) exige un moratoire afin d’interdire temporairement les technologies de reconnaissance faciale dans les lieux publics. Wojciech Wiewiórowski, le directeur du CEPD, a expliqué que ces technologies ne sont pas assez matures ni assez discutées pour voir leur utilisation étendue aux espaces publics. Le régulateur européen a également précisé qu’il compte observer de très près la manière dont les institutions de l’Union européenne utilisent ces systèmes de reconnaissance faciale. 

Il y a plusieurs mois, le CEPD avait déjà publié des lignes directrices ayant pour ambition de régir l’utilisation de ces technologies, notamment vis-à-vis des impératifs posés par le RGPD. Le régulateur appuie sa position au moment où, quelques mois après la publication de son Livre blanc sur l’IA, la Commission européenne traite les réponses rendues dans le cadre de la consultation publique y afférente. De nombreux participants à cette consultation ont exprimé leur inquiétude concernant une utilisation de l’IA susceptible de compromettre les droits et libertés fondamentaux. Cependant, ces éventuelles dérives n’ont pas empêché la Commission de revenir, il y a quelques temps, sur son projet d’interdiction temporaire des systèmes de reconnaissance faciale. 

Vers une interdiction de l’utilisation des applications chinoises aux États-Unis ?

15 juillet 2020 - Intelligence artificielle

Le 6 juillet 2020, Mike Pompeo a annoncé sur la chaîne Fox News, en sa qualité de Secrétaire d’État de l’administration Trump, que les États-Unis envisagent de bannir l’application TikTok, ainsi que d’autres applications chinoises. Mike Pompeo a précisé que le gouvernement Trump réfléchit très sérieusement à cette mesure, conséquente à une montée des tensions entre la Chine et les États-Unis. Il y a quelques jours, la FCC désignait les géants chinois des télécommunications, Huawei et ZTE, comme menaces pour la sécurité nationale. 

TikTok, détenue par la maison-mère ByteDance basée à Pékin, se trouve dans le radar des États-Unis depuis quelques temps. Washington craint en particulier les risques d’espionnage de la part des autorités chinoises, dans la mesure où les données des utilisateurs situés aux États-Unis pourraient être collectées et instrumentalisées par la Chine. Pour tenter d’apaiser les tensions, TikTok a tenté de marquer une distance avec sa maison-mère en recrutant un PDG américain. Néanmoins, cette initiative n’a pas semblé convaincre le gouvernement Trump. En effet, Mike Pompeo a déclaré qu’en téléchargeant et en utilisant l’application chinoise, les citoyens des États-Unis prennent le risque que des informations sensibles et données personnelles se retrouvent dans les mains du parti communiste chinois. 

IA et AVC : Deep01 réalise une levée de fonds pour son logiciel d’imagerie médicale

8 juillet 2020 - Financement de l'innovation

Deep01, start-up taïwanaise, vient de mener une levée de fonds ayant permis de récolter 2,7 millions de dollars. Cette opération a notamment été réalisée par Asus, le fonds BE et le Digital Economy Fund, avec l’appui de l’Institute for Information Industry et l’Industrial Technology Research Institute, deux centres de recherche basés à Taïwan. Fondée en 2016, l’entreprise a mis au point un logiciel d’imagerie médicale permettant la détection des hémorragies intracérébrales. Le logiciel exploite des techniques d’IA fondées sur le deep learning pour optimiser cette détection. 

Selon la pépite, le logiciel serait apte à détecter les signes cliniques d’un AVC, à savoir la rupture d’un vaisseau sanguin aboutissant à une hémorragie cérébrale, en trente secondes et avec un taux de précision compris entre 93 et 95%. Le système de Deep01 a bénéficié d’une autorisation de commercialisation des Federal and Drug Administrations (FDA) des États-Unis et de Taïwan. Une seconde autorisation est actuellement en attente pour une autre fonction particulière du logiciel. La levée de fonds devrait permettre à la start-up de commercialiser son produit dans de meilleures conditions, celui-ci étant déjà utilisé par plusieurs hôpitaux et centres médicaux taïwanais. 

Huawei et ZTE sont officiellement qualifiés de « menaces pour la sécurité nationale » par les États-Unis

8 juillet 2020 - Intelligence artificielle

Le 30 juin 2020, la Federal Communications Commission (FCC), une agence gouvernementale des États-Unis d’Amérique, a désigné Huawei et ZTE comme constituant des dangers pour la sécurité nationale du pays. Ajit Pai, en qualité de président de la FCC, a expliqué que les deux géants chinois de la télécommunication entretiennent des liens étroits avec le Parti communiste chinois, ainsi qu’avec l’appareil militaire chinois. Selon Ajit Pai, les deux entreprises sont donc totalement soumises à la loi chinoise les contraignant à coopérer avec les services de renseignement du pays. Par conséquent, les risques d’espionnage, et notamment d’espionnage industriel, seraient particulièrement élevés. 

Cette déclaration de la FCC, que les propos et positionnements de l’administration Trump laissaient présager, emportera d’importantes conséquences pour le marché de la 5G au niveau des États-Unis et au niveau mondial. En effet, cette décision interdit aux entreprises des États-Unis, opérant dans le secteur des télécommunications, d’utiliser des subventions gouvernementales pour se procurer des équipements auprès de Huawei et de ZTE. Chaque année, un fonds de 8,3 milliards de dollars est octroyé aux entreprises du pays pour les assister dans leurs achats. Ces fonds seront toujours à disposition des entreprises, mais celles-ci devront s’approvisionner auprès d’équipementiers autres que les deux géants chinois. 

IA vs pilote humain : l’US Air Force organise un combat aérien

1er juillet 2020 - Intelligence artificielle

Depuis 2018, l’Air Force Research Laboratory (AFRL) élabore une IA destinée à remporter un combat aérien face à un avion de chasse piloté par un humain. Le système automatisé, basé sur des techniques d’IA, a d’abord été testé sur des appareils de type F-16. Par la suite, l’IA a été appliquée à des modèles d’avions plus modernes, tels que les F-22 et les F-35. L’US Air Force a prévu une nouvelle phase de tests à travers une simulation de combat. Lors de ce combat air-air, prévu pour juillet 2021, un drone piloté par le système d’IA s’opposerait à un avion piloté par un professionnel humain. 

L’enjeu serait alors de déterminer si l’entraînement intensif d’un système d’IA peut se mesurer aux réflexes et à l’expérience de pilotes humains. Les résultats de cette simulation pourraient permettre de perfectionner le pilote automatique des avions de chasse, afin d’accélérer et d’optimiser la prise de décision. En effet, l’objectif n’est pas de mettre au point un système de pilotage de drone à distance. Le but consiste à élaborer une IA qui serait apte à piloter un avion de chasse et à adopter des décisions stratégiques, de façon tout à fait autonome. Précisons que l’US Air Force souhaite étendre la portée de l’IA à ses logiciels de planification de combat et à la maintenance. 

Relations entre UE et États tiers : mise en place d’une base de données européenne pour l’espace Schengen

1er juillet 2020 - Intelligence artificielle

L’Union européenne a missionné deux entreprises françaises, IDEMIA et Sopra Steria, afin de mettre en place une base de données biométriques particulièrement vaste. Cette base de données est destinée à compiler, à partir de 2022, les portraits et empreintes digitales de plus de quatre cents millions de personnes. Ce dispositif doit permettre de contrôler les entrées et sorties, aux frontières Schengen, des ressortissants de pays tiers. À cet effet, le contrat attribué aux deux sociétés, d’une durée de quatre ans, s’élèverait à un montant maximal de 302,5 millions d’euros. 

Le consortium dirigé par les deux prestataires français a précisé que cette base de données biométrique va répondre aux besoins d’identification du nouveau système européen d’entrée/sortie (EES). Celui-ci constitue un élément central de la protection des frontières européennes. Ce système permettrait de lutter plus efficacement contre la criminalité transfrontalière et l’immigration clandestine. Ainsi, la solution biométrique serait notamment utile pour la base de données Eurodac, le SIS (système d’information Schengen), le VIS (système d’information sur les visas), sans oublier l’ECRIS-TCN à venir (système informatisé d’échange d’information sur les casiers judiciaires concernant les ressortissants des pays tiers). 

Lancement du « Partenariat mondial pour l’IA » par quinze États

24 juin 2020 - Intelligence artificielle

Le 15 juin 2020, le « Partenariat mondial pour l’IA » (PMIA) a été officiellement lancé. Ce partenariat est supporté par l’OCDE, l’Unesco et deux centres de recherche situés à Paris et à Montréal. Le PMIA résulte de l’initiative conjointe de quinze pays, dont notamment la France, le Canada, les États-Unis d’Amérique, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon, l’Inde, Singapour et la Nouvelle-Zélande. Ce projet international a pour objectif de guider le développement et l’utilisation responsable de l’IA, dans un esprit de respect des droits de l’Homme. 

En 2018, le président français Macron et le Premier ministre canadien Trudeau lançaient un appel visant à faire travailler de concert les diplomaties française et canadienne sur les problématiques liées au numérique et à l’IA. Le PMIA implique la réunion d’un consortium d’experts issus des organes gouvernementaux, de l’industrie, de la recherche et de la société civile. Ces acteurs des secteurs publics et privés se réuniront dans le cadre d’un groupe de travail. Celui-ci se concentre sur quatre axes, qui constituent les piliers de réflexion du projet : l’utilisation responsable de l’IA, l’avenir du travail et l’innovation, la commercialisation, la gouvernance des données. Au vu de la situation sanitaire, le premier sujet traité par le groupe de travail consistera en l’apport de l’IA en réponse à la pandémie de la Covid-19. 

Amazon annonce la suspension de sa technologie de reconnaissance faciale par les forces de l’ordre

24 juin 2020 - Intelligence artificielle

Le 10 juin 2020, Amazon a annoncé suspendre l’utilisation de son système de reconnaissance faciale, nommé « Rekognition », par les forces de l’ordre. Cette suspension s’étendra pendant une période d’un an, durant laquelle un moratoire sera mis en place. Cette période vise à accorder suffisamment de temps au Congrès des États-Unis d’Amérique, pour que celui-ci mette en place des règles appropriées concernant la régulation de ces technologies. Quelques jours plus tôt, un autre géant du digital, IBM, avait indiqué arrêter tous ses projets de recherche et toute commercialisation de produits relatifs à la reconnaissance faciale. 

Ces décisions des multinationales se sont multipliées suite à la mort de George Floyd aux États-Unis, et à la prise de conscience qui en a résulté. Dès sa présentation en 2017, l’IA Rekognition avait été décriée comme constituant un véritable système de surveillance permettant de cibler les communautés de couleur. En effet, cette IA est intégrée aux caméras corporelles des officiers de police que ceux-ci utilisent lors de l’identification des contrevenants. Plusieurs expériences menées par l’ACLU (American Civil Liberties Union) ont démontré que les biais algorithmiques peuvent entraîner des discriminations à l’encontre de certaines populations. Les risques de violation des droits de l’Homme ont donc incité Amazon à suspendre une telle utilisation de sa technologie. Dans la mesure où le système de reconnaissance faciale d’Amazon est beaucoup plus utilisé par les forces de l’ordre que celui d’IBM, la décision du géant du numérique devrait avoir davantage d’impact s’agissant de la régulation de cette IA. 

Reconnaissance faciale : IBM annonce son retrait du marché

17 juin 2020 - Intelligence artificielle

Dans une lettre ouverte adressée au Congrès des États-Unis, IBM a déclaré son retrait du marché de la reconnaissance faciale. Dans cette lettre datée du 8 juin 2020, le dirigeant de la multinationale, Arvind Krishna, a indiqué que l’entreprise ne développera ni ne mènera de projets de recherche relatifs à cette technologie. Cette décision a fait suite au meurtre de George Floyd par des officiers de police, lors de son interpellation à Minneapolis.

En effet, les systèmes de reconnaissance faciale pâtissent de biais algorithmiques. Ceux-ci consistent majoritairement en un manque de représentativité des données à partir desquelles fonctionne l’IA. Ces biais peuvent aboutir à des résultats discriminants, notamment à l’encontre des femmes et des populations de couleur. Or, aux États-Unis, les policiers portent des caméras corporelles avec une telle IA intégrée afin de mieux identifier les contrevenants. Cela est susceptible d’exposer certaines populations à des arrestations abusives. C’est pourquoi IBM a appelé à un dialogue national visant la régulation de cette technologie. L’entreprise s’est opposée à une utilisation de ce système lorsque ce dernier porte atteinte aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales. IBM a dénoncé un tel usage comme étant contraire à ses valeurs et principes de confiance et de transparence. Par conséquent, IBM a réclamé une évaluation des biais algorithmiques des systèmes de reconnaissance faciale, surtout lorsque ceux-ci sont utilisés par les forces de l’ordre.

Alibaba poursuit ses investissements dans l’IA, l’IoT et le cloud

17 juin 2020 - Financement de l'innovation

Le 20 mai 2020, le géant chinois a indiqué poursuivre ses investissements en matière d’IA et d’IoT. À cette fin, Alibaba a mobilisé 10 milliards de yuans (soit environ 1,4 milliard de dollars). Ces fonds sont destinés à la R&D pour ces deux domaines. Les nouveaux investissements d’Alibaba visent plus spécifiquement l’amélioration de l’enceinte connectée de l’entreprise, Tmall Genie. En effet, si l’entreprise détient 35% du marché chinois des enceintes connectées, Baidu dépasse les performances d’Alibaba et se place en champion incontestable de ce marché.

En outre, Alibaba a également annoncé le lancement de nouveaux investissements dans le cloud. Jusqu’à 2023, le géant va ainsi investir 200 milliards de yuans (soit environ 28 milliards de dollars) dans sa propre infrastructure. Les fonds de l’entreprise viseront plus précisément les serveurs, le système d’exploitation et les puces de son infrastructure cloud. Si Alibaba était le fournisseur le plus important de cloud computing en Chine en 2019, le cloud comptabilise uniquement 7% des revenus du géant chinois. Ces nouveaux fonds sont donc destinés à un positionnement optimal de l’entreprise sur le marché du cloud. Et ce, d’autant plus qu’un nouveau concurrent, JD.com, est susceptible de tirer à lui des parts de marché dans ce secteur.

Algorithmes et biais discriminatoires : les recommandations de la CNIL et du Défenseur des droits

10 juin 2020 - Intelligence artificielle

Le 31 mai 2020, la CNIL et le Défenseur des droits ont rendu un rapport traitant des risques inhérents aux biais algorithmiques. Tout d’abord, les experts ont expliqué qu’un nombre croissant d’opérateurs publics et privés recourent à des algorithmes, dans divers secteurs tels que les ressources humaines, la justice et les services publics. Ces algorithmes sont utilisés pour optimiser les processus de tri, de classement ou d’ordonnancement des informations. Cependant, le rapport explique que des biais peuvent être intégrés dans ce processus, ce qui vient à son tour biaiser l’ensemble des données utilisées afin d’entraîner le réseau de neurones.

À cet égard, un biais revenant régulièrement consiste dans le manque de représentativité des données soumises au réseau de neurones. Ces biais introduisent des critères discriminants au niveau de l’algorithme, ces discriminations portant notamment sur le genre ou l’origine. En 2018, une étude du MIT a relevé que des systèmes de reconnaissance faciale éprouvaient des difficultés à identifier les femmes et les personnes de couleur, parce que les données intégrées à l’algorithme étaient fondées sur une prééminence des visages masculins et blancs. Face à ces dérives, les experts ont préconisé divers remèdes, allant de l’obligation d’information, d’explicabilité et de transparence des algorithmes, à la généralisation du ‘fair learning’, la réalisation d’études d’impact et la sensibilisation des professionnels.

Levée de fonds pour Saagie : de nouveaux investissements dans le big data

10 juin 2020 - Financement de l'innovation

La start-up Saagie a réalisé une levée de fonds, en série B, de vingt-cinq millions d’euros. La pépite, membre du French Tech 120, met au point une plateforme logicielle destinée à faciliter et accélérer la réalisation de projets d’entreprises relatifs à l’IA et aux données. Selon la start-up, les systèmes d’entreprises génèrent des données, qu’il appartient aux opérateurs de croiser en sélectionnant les algorithmes appropriés. Ces algorithmes relèvent les informations utiles au sein du ‘data lake’. Le rôle de Saagie consiste justement à chercher les données produites par les entreprises, afin de les déverser dans ce lac de données.

La nouvelle levée de fonds a fait intervenir de nouveaux investisseurs tels que AG2R La Mondiale, Crédit Mutuel Innovation, Seventure et NewAlpha, aux côtés des investisseurs historiques de la jeune pousse que sont BNPP Développement, C.Entrepreneurs et CapHorn Invest. Les nouveaux fonds collectés serviraient à investir dans le produit proposé par l’entreprise, celle-ci souhaitant continuer à parfaire sa technologie et à la rendre davantage accessible. Saagie a également l’ambition de multiplier par quatre son nombre de clients au nouveau mondial. Ceux-ci proviennent aujourd’hui pour 25% du secteur de l’industrie, pour 25% du secteur public, et pour 50% des secteurs de la banque et de l’assurance.

IA et biais discriminatoires : Pega lance une fonctionnalité pour lutter contre le phénomène

3 juin 2020 - Intelligence artificielle

Pega a annoncé le lancement d’une nouvelle fonctionnalité destinée à lutter contre les biais discriminatoires. Cette fonctionnalité, baptisée “Ethical Bias Check”, est implémentée sur un canal de communication afin d’aider les entreprises à maîtriser les étapes du parcours client. Cette maîtrise passe par l’élimination de messages et d’offres discriminatoires. En effet, il est établi que les algorithmes peuvent adopter des comportements discriminatoires. Par exemple, aux Etats-Unis, un système d’IA en matière de santé attribuait un score portant sur le montant des aides à percevoir, selon les caractéristiques ethniques des patients.

La solution mise en place par Pega a pour objet d’empêcher que l’utilisation de l’IA par les entreprises aboutisse à des résultats néfastes. Ces failles se manifestent par une réduction de polices d’assurances, d’offres promotionnelles et de prêts, au détriment de certaines populations. Ethical Bias Check se fonde sur des analyses prédictives afin d’appréhender les risques de biais discriminatoires. Si le niveau de risque est considéré comme particulièrement important, les utilisateurs recevront des alertes afin de corriger les failles de leur système d’IA. Rob Walker a précisé, en sa qualité de VP Decision Management & Analytics de Pegasystems, qu’il s’agit d’équiper les entreprises d’outils capables de lutter contre les données biaisées qui seraient générées par l’IA, cela permettant une optimisation des interactions client et une augmentation de la valeur vie client.

Nouveaux investissements de Tencent dans l’IA

3 juin 2020 - Financement de l'innovation

Le 26 mai 2020, Tencent a annoncé que l’entreprise comptait investir 500 milliards de yuans, soit environ 70 milliards de dollars, dans l’IA, le cloud et la cybersécurité. Tencent compte lancer ses investissements pour les cinq prochaines années. Ces investissements spécifiques vont porter sur la blockchain, les supercalculateurs, les réseaux 5G, les systèmes d’exploitation pour les objets connectés, l’informatique quantique, les serveurs et les data centers. Suite à cette annonce du géant chinois, les actions de celui-ci ont vu une augmentation de l’ordre de 2,5%.

En avril 2020, le gouvernement chinois avait appelé à une modernisation des structures numériques du pays. Cette modernisation des entreprises passe au travers d’investissements dans de nouvelles infrastructures, et dans l’accroissement de la demande concernant les services cloud et les logiciels d’entreprise. Alibaba a devancé Tencent en annonçant, dès avril, son plan d’investissements de 200 milliards de yuans, soit environ 28 milliards de dollars. Ces investissements, étendus sur trois ans, visent l’infrastructure cloud du géant chinois, qui détenait 46,4% du marché chinois du cloud lors du quatrième trimestre 2019. Tencent, pour sa part, détenait 18% de ce marché, et s’est placé dans la lignée d’Alibaba en lançant le plan de modernisation de son infrastructure digitale.

Jukebox, une nouvelle IA d’OpenAI

27 mai 2020 - Intelligence artificielle

OpenAI a lancé un nouveau système d’IA basé sur le machine learning, nommé “Jukebox”. Cette nouvelle IA constitue une version améliorée de MuseNet, une IA antérieure d’OpenAI, apte à générer des sons. Muse Net parvenait à saisir le contexte général des mélodies d’une chanson, afin de prédire la suite de cette dernière. Cependant, Jukebox n’a pas été programmée afin de prédire la suite d’un morceau, mais pour créer entièrement de nouveaux sons.

Pour ce faire, Jukebox procède à une décomposition des musiques existantes, qu’elle classe en morceaux distincts, avant de reconstruire une piste finale. Cette nouvelle IA a été entraînée à partir de plus d’un million de chansons. Par le biais du machine learning, Jukebox a appris à mémoriser et assimiler les douze premières secondes d’une chanson, ce qui lui permet de générer une suite musicale dans le style du morceau qui lui a été soumis. Malgré le fait que le nouvel outil soit apte à choisir une voix, une tonalité, un tempo, et à harmoniser toutes ces données, les musiciens n’ont pas estimé que cette IA soit applicable immédiatement à leur processus créatif.

Résilience des entreprises : IBM annonce le lancement de Watson AIOps

27 mai 2020 - Intelligence artificielle

A l’occasion de la conférence Think Digital 2020, IBM a annoncé la mise au point d’une suite d’outils fondée sur l’IA. Cette suite, baptisée “Watson AIOps”, vise à optimiser l’automatisation de l’infrastructure informatique des entreprises. L’utilisation de cette IA permettrait aux entreprises de réduire les coûts de leurs configurations multi-cloud. En effet, celles-ci sont habituellement mixtes puisqu’elles fonctionnent à partir de fournisseurs publics et des ressources internes à l’entreprise.

L’automatisation proposée par IBM contribuerait à réduire l’impact des pannes informatiques. Watson AIOps peut répondre en quelques minutes à ce genre de pannes, alors que la gestion de ces dernières se fait en quelques heures sans l’usage de l’IA. Rob Thomas, en sa qualité de senior VP d’IBM Cloud and Data Platform, a précisé vouloir équiper les DSI d’une IA qui automatisera la détection, le diagnostic et la réponse des entreprises aux problèmes informatiques. Cette amélioration de la résilience des entreprises pourrait faciliter le recours au télétravail, qui tend à se généraliser en cette période de crise sanitaire.

Détection de la Covid-19 : l’hôpital Foch s'équipe d'un logiciel fondé sur l’IA

20 mai 2020 - COVID-19 & Intelligence artificielle

Le logiciel d’imagerie médicale « CT Pneumonia Analysis » a été mis au point, conjointement, par l’hôpital Foch et la firme allemande Siemens Healthineers. Cette dernière a travaillé en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’hôpital universitaire de Bâle, l’hôpital général de Vancouver, et le groupe Northwell Health, afin de développer le nouvel outil basé sur l’IA. Le logiciel a fait l’objet d’un test sur cent cinquante patients de l’hôpital Foch, l’expérimentation ayant permis de démontrer les liens entre les anomalies pulmonaires et les symptômes les plus graves du SARS-CoV-2.

Dans la pratique, l’algorithme donne lieu à une segmentation automatique du poumon et des lobes pulmonaires. Par la suite, l’étendue des zones infectées est calculée, représentée par un pourcentage d’opacité, puis par un score de gravité. Les zones les plus grièvement infectées font l’objet d’une quantification et d’une segmentation en plusieurs minutes. Le logiciel permet également de suivre l’évolution de la maladie dans le temps, ce qui aide les médecins à adapter la réponse thérapeutique selon la progression de l’état de santé du patient. L’utilisation de cette IA par l’hôpital Foch contribue à faciliter le travail des radiologues, qui se retrouvent particulièrement sollicités en cette période de crise sanitaire.

Engagements des plateformes numériques contre la désinformation : un bilan mitigé

20 mai 2020 - Intelligence artificielle

En octobre 2018, plusieurs géants de l’Internet ont signé un Code de pratique contre la désinformation. Ces entreprises, dont Google, Twitter et Facebook, ont adopté des engagements de bonne conduite sous la forme d’une auto-régulation. Cette méthode permet, pour l’instant, d’éviter l’adoption de normes par voie législative. Deux études ont été réalisées, respectivement par le cabinet Valdani, Vicari and Associates et par l’ERGA, afin d’évaluer l’efficacité de ce code pour la première année de sa mise en œuvre.

Les deux études relèvent le manque de clarté du code, ainsi que le manque d’uniformité dans sa mise en œuvre. Le défaut de sanctions et d’obligations a également été critiqué, mais celui-ci est inhérent au mécanisme de l’auto-régulation. Les études prônent un maintien du code, mais une nécessaire amélioration de ce dernier en suivant des axes de progression spécifiques. L’extension des engagements à des entreprises non-signataires est notamment envisagée. Enfin, la Commission européenne pourrait décider d’adopter des mesures contraignantes, en se fondant sur les recommandations émises à l’occasion de ces évaluations.

Détection de faux profils : mise au point du nouvel algorithme de Facebook

13 mai 2020 - Intelligence artificielle

Facebook a annoncé la mise au point d’un nouvel algorithme, baptisé ‘SybilEdge’. Celui-ci devrait permettre à la multinationale de lutter plus efficacement contre les faux profils, très répandus sur le réseau social. Concrètement, l’analyse de l’IA se fonde sur la liste d’amis d’un profil, ainsi que sur les demandes réalisées suite à l’inscription de la personne. Par la suite, l’algorithme détermine avec quelle facilité les utilisateurs acceptent ou non les demandes, et en quelle proportion. Un faux compte va ainsi pouvoir être détecté si le profil en question accepte un nombre excessif de demandes.

Les ingénieurs de Facebook estiment que cet outil serait précis à plus de 90%. Cependant, ce taux d’efficacité de l’IA s’applique uniquement si le faux compte a émis au moins quinze demandes d’amis. Le taux de réussite s’abaisse à 80% pour les profils ayant émis uniquement cinq demandes. Néanmoins, ce système a vocation à être amélioré par le géant de l’Internet, qui a prévu de croiser les modèles basés sur des fonctionnalités et les modèles basés sur le comportement, afin de permettre une détection optimisée des faux profils. Face à la diffusion massive de théories du complot et de fausses nouvelles par le biais des réseaux sociaux, décuplée en cette période de crise sanitaire, l’algorithme de Facebook pourrait se révéler utile afin de protéger les utilisateurs contre ce genre d’attaques informatiques.

Vers une IA plus éthique : les propositions des chercheurs

15 mai 2020 - Intelligence artificielle

Cinquante-neuf chercheurs issus de diverses institutions prestigieuses d’Europe et des Etats-Unis, telles que l’ENS, Oxford, Stanford, Berkeley, Google et Intel, ont publié un rapport en faveur d’une approche plus éthique de l’IA. Les scientifiques ont constaté que l’utilisation de l’IA se généralise dans notre quotidien, mais que l’encadrement normatif est en retard par rapport au développement exponentiel des applications et objets exploitant cette technologie. Il a notamment été pointé que les mesures éthiques adoptées par les entreprises et universités sont à la fois insuffisantes et disparates, ce qui ne permet pas une réglementation adéquate de l’IA.

Les chercheurs prônent la mise en place d’un registre répertoriant l’ensemble des dysfonctionnements liés à l’IA, un renforcement des dispositifs visant la cybersécurité, la création de bias bounty afin de prévenir certains biais intégrés à l’IA et donnant lieu à des discriminations à l’encontre de certaines populations. Le rapport incite les entreprises à faire preuve de davantage de transparence et de visibilité concernant leur usage de l’IA. L’insuffisance des investissements pour la recherche publique est également relevée. Selon le rapport publié en avril 2020, la prise en compte de ces propositions pourrait permettre de rendre les progrès techniques de l’IA véritablement bénéfiques pour l’humanité.

Lancement du Planetary Computer : l’engagement environnemental de Microsoft

6 mai 2020 - Intelligence artificielle

Le géant de l’Internet a annoncé le lancement d’une nouvelle technologie fondée sur l’IA, le Planetary Computer. L’objectif premier de cette technologie consiste à récolter de nombreuses données environnementales, auprès de sources mondiales et officielles. Les données récoltées seront ensuite analysées et traitées par le biais du machine learning. Ce traitement permettrait de mieux appréhender et anticiper les futurs défis écologiques, et d’élaborer les stratégies adéquates de développement durable.

Le président de Microsoft, Brad Smith, a expliqué, dans un article publié sur le blog de l’entreprise, que les écosystèmes et la biodiversité subissent un déclin alarmant. Le Planetary Computer pourrait servir à obtenir des données complètes et en temps réel sur l’état des forêts, à réaliser des prévisions sur l’utilisation de l’eau pour la planification agricole, et à fournir aux scientifiques des données sur l’habitat naturel des espèces animales. Le Planetary Computer constitue l’initiative phare de Microsoft en matière d’engagements environnementaux, la multinationale ayant déjà annoncé son objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Mise au point d’une IA de reconnaissance faciale : nouvelle levée de fonds pour Corsight AI

6 mai 2020 - Financement de l'innovation

Corsight AI, la start-up israélienne et filiale du groupe Cortica, a annoncé une nouvelle levée de fonds de l’ordre de cinq millions de dollars. Ce tour de table doit permettre à l’entreprise de travailler sur la mise au point de sa technologie de reconnaissance faciale, et de commercialiser sa plateforme d’analyse de données. Afin d’élaborer sa technologie de reconnaissance faciale, Corsight AI exploite le système d’IA développé par Cortica, baptisé ‘Autonomous AI’. Ce système a fait l’objet de deux cents brevets, et repose sur la recherche biologique et les neurosciences.

Concrètement, la solution proposée par la pépite consiste à séparer le visage des personnes en plusieurs zones. Ce découpage permet d’identifier un individu, même si le visage de ce dernier est partiellement dissimulé, par exemple, par des écharpes ou bonnets. Pour ce faire, l’outil croise la solution de reconnaissance faciale à la plateforme qui analyse, en temps réel, les informations transmises par des caméras vidéo. Dans un communiqué, Corsight AI a indiqué que cette technologie pourrait trouver une application particulière dans le contexte actuel de crise sanitaire. En effet, la solution proposée pourrait permettre de retracer une chaîne de transmission du virus, en déterminant quelles personnes ont été proches de l’individu infecté, et à quelle distance.

Nouvelle levée de fonds pour la start-up BioCatch

29 avril 2020 - Financement de l'innovation

La start-up américaine BioCatch, spécialisée dans la biométrie comportementale, a annoncé avoir récolté cent quarante-cinq millions de dollars suite à un nouveau tour de table. Ces ressources proviennent principalement du fonds Bain Capital Tech Opportunities, mais également d’autres investisseurs ayant déjà versé des fonds à l’entreprise, tels que Maverick Ventures, American Express Ventures et OurCrowd. BioCatch a mis au point une technologie permettant de suivre les comportements des utilisateurs sur l’Internet, et de déterminer in fine si ceux-ci sont bien des consommateurs, ou bien des usurpateurs.

Cette solution est, pour l’instant, exclusivement utilisée dans le secteur de la finance. Selon les dires de la start-up, plus de quarante grandes institutions financières auraient recours à cet outil de détection et de prévention des fraudes. BioCatch détient un portefeuille de clients particulièrement fourni dans le secteur de la fintech et de la cybersécurité, et se positionne en tant que pionnier de l’identité numérique grâce à ses technologies. Cette nouvelle levée de fonds devrait permettre à BioCatch de se concentrer sur un aspect relevant davantage du marketing et de la R&D, afin d’étendre son activité à des domaines tels que l’e-commerce et le secteur public.

Le boîtier de télédétection du MIT : un potentiel soutien à l’endiguement de la pandémie de Covid-19

29 avril 2020 - COVID-19

En 2013, des chercheurs du MIT ont élaboré un boîtier servant à enregistrer diverses variables médicales, dont les mouvements, la respiration et les habitudes de sommeil des patients. Ce mécanisme de télédétection, nommé ‘Emerald’, est utilisé dans quelques deux cents établissements hospitaliers, afin de surveiller l’état de santé d’individus atteints de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer, ainsi que de pathologies pulmonaires. Il y a quelques jours, le MIT a réussi à utiliser cet outil pour un cas de Covid-19.

En pratique, l’appareil de télédétection émet un signal sans fil, de faible puissance, celui-ci permettant de surveiller le patient même lorsque ce dernier se déplace. Les données recueillies sont traitées et analysées par un algorithme, qui extrait certaines données physiologiques, comme la fréquence respiratoire. Dans ce contexte de crise sanitaire, l’avantage le plus remarquable de ce boîtier est de permettre une surveillance à distance de l’état de santé des patients, ce qui élimine les risques de contamination des soignants. La généralisation du recours à cet appareil ou à ce type d‘applications serait donc susceptible de prévenir la surcharge des hôpitaux, en permettant de surveiller à distance les patients porteurs du virus, mais dont l’état ne nécessite pas une hospitalisation.

IA et rayons X : la mise au point d’un outil de détection du Covid-19

22 avril 2020 - COVID-19

La start-up canadienne DarwinAI met actuellement au point une technique fondée sur l’IA, permettant de détecter une infection liée au Covid-19. Ce nouvel outil croise les potentialités du machine learning et des rayons X afin de dépister les infections. Un réseau de neurones profond, baptisé COVID-Net, a été développé par la start-up. Ce réseau convolutif a été entraîné par cinq mille rayons X. Le processus d’apprentissage profond permet à l’IA d’analyser des radiographies de patients, et de détecter ainsi une éventuelle infection de SARS-CoV-2.

Cet outil pourrait permettre de diagnostiquer beaucoup plus rapidement les personnes infectées par le virus. Le dépistage se fait normalement par un prélèvement nasal, mais cette nouvelle technique réalisée à l’aide de radiographies pulmonaires pourrait donner lieu à un diagnostic plus rapide et plus sûr. L’application de l’IA au secteur médical s’avère particulièrement cruciale au vu de la situation d’urgence sanitaire. La technique du deep learning combinée à l’imagerie médicale à déjà fait ses preuves en la matière, l’IA LYNA du MIT étant par exemple capable de détecter des cancers du sein à partir de réseaux de neurones formés par des mammographies. Afin d’assurer la diffusion la plus étendue possible de cette technique, le réseau COVID-Net a vocation à être fourni en accès libre par DarwinAI.

Sécurisation des systèmes de reconnaissance d’image : Intel et Georgia Tech sélectionnés par la Darpa

22 avril 2020 - Intelligence artificielle

La Darpa, agence du département de la Défense des Etats-Unis, a choisi Intel et le Georgia Institute of Technology afin de mener des recherches sur la sécurisation des systèmes d’IA. Intel va notamment participer au programme “Guaranteeing Artificial Intelligence Robustness against Deception” (GARD), visant à améliorer la résistance du système de reconnaissance d’image à la tromperie. Jason Martin, ingénieur d’Intel Labs, a indiqué que l’entreprise collaborait avec la Darpa pour faciliter la détection d’objets par l’IA, et pour renforcer la capacité des systèmes de machine learning à répondre à des attaques contradictoires.

Les algorithmes n’étant pas infaillibles, ceux-ci sont exposés à des risques de tromperie, de corruption ou d’altération. Un système peut par exemple se tromper dans l’identification d’une image, ce qui conduirait à une qualification erronée de l’objet. Or, cette erreur pourrait avoir des conséquences particulièrement graves, notamment en ce qui concerne le domaine des véhicules autonomes. Le programme GARD, étendu sur quatre années, a donc vocation à mettre au point des défenses larges pour répondre à un vaste panel d’attaques possibles, en plaçant l’IA dans des situations où une mauvaise interprétation ou classification est susceptible d’être rendue. L’objectif serait alors d’identifier les vulnérabilités de l’IA, de préciser ses propriétés pour, in fine, renforcer la robustesse du système de reconnaissance d’image.

Data For Good : Facebook rend publiques certaines données pour prévenir la pandémie de Covid-19

15 avril 2020 - COVID-19

Le géant de l’Internet a annoncé que des données anonymisées issues de sa base d’utilisateurs vont être publiées, afin d’aider les chercheurs à endiguer la pandémie de Covid-19. Cette initiative de Facebook s’ancre dans le cadre du programme Data For Good, la multinationale ayant précisé que les scientifiques ont besoin d’avoir accès aux meilleures informations afin de déterminer l’efficacité des mesures de prévention, et la façon dont le virus se propage.

Pour ce faire, Facebook met au point plusieurs cartographies : une carte de regroupement permet d’identifier les zones susceptibles d’être les plus affectées par la pandémie, en calculant les probabilités de contacts entre les habitants de régions distinctes ; la seconde carte permet de visualiser et de quantifier les liens sociaux entretenus entre les habitants de différentes zones afin de mieux prévoir les régions à risque ; la dernière carte permet de vérifier si les règles de confinement sont effectivement respectées. Facebook a également incité ses utilisateurs à répondre à un sondage relatif à l’évaluation des symptômes du Covid-19. Les résultats seront transmis au centre de recherche de l’Université Carnegie-Mellon, dans le cadre de l’étude menée par cette dernière.

Tensions sino-américaines : multiplication des mesures restrictives des Etats-Unis envers Huawei

15 avril 2020 - Financement de l'innovation

Les Etats-Unis ont interdit aux entreprises nord-américaines de recourir aux services de Huawei, ce qui implique que Google et le constructeur chinois ne peuvent plus travailler ensemble. En effet, la Maison Blanche a imposé un décret d’urgence nationale, ayant pour effet de bannir totalement Huawei du marché des nouvelles technologies aux Etats-Unis, ce qui cause des impacts à l’échelle européenne. Cette interdiction explique que Huawei ait choisi Qwant comme moteur de recherche par défaut en France, en prévision de la commercialisation des nouveaux modèles de smartphone P40 de l’entreprise.

Cependant, les contraintes exercées sur Huawei par l’administration Trump ne paraissent pas s’arrêter là, selon plusieurs médias. Les Etats-Unis ont déjà tenté de convaincre les pays européens de ne pas recourir à Huawei et poursuivent sur leur lancée. L’objectif est manifestement d’empêcher que le géant chinois puisse s’approvisionner par des fournisseurs situés en-dehors de Chine, en interdisant aux entreprises étrangères utilisant les technologies américaines d’approvisionner Huawei sans autorisation préalable octroyée par les Etats-Unis. Or, tenter d’évincer Huawei ne semble pas très judicieux, dans la mesure où l’entreprise est apparemment apte à trouver des solutions alternatives en se fournissant auprès d’autres opérateurs. Cette stratégie de la Maison blanche risque donc surtout d’entraîner la perte d’importants marchés pour les Etats-Unis.

Cartographie et Covid-19 : l’application Weather Channel d’IBM présente les données sur le virus

8 avril 2020 - COVID-19

IBM et sa filiale The Weather Company ont décidé d’intégrer les données ouvertes sur la pandémie de Covid-19 à l’application Weather Channel. L’élaboration de ce nouvel outil, mis au point par Cognos Analytics, a pour objectif de garder le grand public du monde entier informé des évolutions sur la propagation du virus, ainsi que d’aider les chercheurs. Concrètement, l’application présente une carte interactive des cas répertoriés de Covid-19 au niveau mondial, l’utilisation de codes couleurs et de graphiques permettant de visualiser les zones particulièrement affectées.

Pour élaborer cette application, IBM a croisé les données rendues disponibles par la Johns Hopkins University (qui a déjà mis au point une cartographie de la pandémie, actualisée en temps réel), par l’OMS et par les différents Etats nord-américains. Il s’agit de communiquer des informations fiables aux citoyens, IBM proposant des instruments complémentaires afin de permettre une analyse plus approfondie des données. Ainsi, un tableau de bord est mis à la disposition de tous les publics, celui-ci présentant les données relatives aux taux de propagation du virus et aux nombres de cas confirmés dans le monde.

Acquisition d’Affirmed Networks par Microsoft : le géant de l’Internet se lance sur le marché de la 5G

8 avril 2020 - Financement de l'innovation

Microsoft a annoncé l’acquisition de la société Affirmed Networks, laquelle est spécialisée dans la virtualisation des réseaux 5G au niveau du Cloud. Le géant de l’Internet explique dans un communiqué qu’il souhaite, par cet achat, soutenir les équipementiers et les opérateurs en épaulant l’industrie des télécommunications. A ce titre, Azure va être placé dans ce secteur des télécommunications afin de construire une plateforme Cloud fiable et sécurisée pour tous les opérateurs, comme l’a indiqué son vice-président, Yousef Khalidi.

Bien que Microsoft ait relevé le rôle crucial des logiciels pour le perfectionnement de la 5G, lesquels permettent la fourniture de nouvelles solutions réseau à l’origine d’avancées majeures en matière de coûts et de sécurité, la multinationale se positionne sur ce marché plutôt tard par rapport à la concurrence. En effet, AWS a déjà conclu des partenariats sur ce marché de la 5G avec des opérateurs tels que Verizon et Vodafone, tandis que Google a annoncé ouvrir sa plateforme Anthos aux opérateurs du secteur des télécommunications il y a quelques jours. Les acteurs du numérique semblent donc se tourner de plus en plus rapidement vers les nouvelles opportunités offertes par la 5G pour les entreprises et la société au sens large. Cette technologie peut aider à développer des villes intelligentes connectées, à mettre au point des véhicules autonomes, et à décupler les potentialités de la virtualité augmentée.

Soutien aux start-up : déblocage d’un fonds de quatre milliards d’euros

1er avril 2020 - COVID-19 & Financement de l'innovation

Face à la crise économique causée par les mesures adoptées pour endiguer l’épidémie de Covid-19, les entreprises se retrouvent affectées, et les start-up plus sévèrement encore. Le 24 mars 2020, un plan de quatre milliards d’euros a été dévoilé par Cédric O., le secrétaire d’Etat au Numérique, afin de soutenir la French Tech. Trois axes de ce plan ont ainsi été développés, dont le premier consiste en un financement de bridges, de l’ordre de 160 millions d’euros. Il s’agit de prêts à court terme effectués par les start-up afin de se financer régulièrement et rapidement, que Bercy s’engage à financer sous certaines conditions pendant la pandémie.

Le second axe repose sur la possibilité pour les start-up de solliciter un versement anticipé de crédits d’impôt ou de certaines aides, comprenant notamment le CIR 2019 (à hauteur de 1,5 milliard d’euros) et le PIA (à hauteur de 250 millions d’euros). Le dernier axe consiste en des prêts de trésorerie garantis par l’Etat. Le prêt soutien innovation, représentant une enveloppe de 2 milliards d’euros de garantie, peut ainsi se cumuler avec le prêt garantie Etat, et s’élever jusqu’à deux fois la masse salariale française en 2019. Mais Bercy a prévu que ce prêt peut également s’élever à 25% du chiffre d’affaires annuel de la start-up, à l’image des autres entreprises.

Livraison par drones : UPS annonce son association avec Wingcopter

1er avril 2020 - Intelligence artificielle

La décision d’association d’UPS, entreprise nord-américaine, à la start-up allemande Wingcopter, a été officiellement annoncée. Celle-ci donne lieu à une collaboration renforcée au sein de la filiale d’UPS, Flight Forward. Les deux entreprises se spécialisent dans la livraison par drones en milieu urbain. En 2019, UPS avait déjà effectué des tests de livraison en Caroline du Nord, après avoir obtenu l’agrément de la Federal Aviation Administration pour ce type de livraisons à grande échelle. Des colis de petite taille contenant des médicaments avaient été transportés par drones jusqu’à la CVS Pharmacy.

Pour sa part, la start-up Wingcopter a élaboré un grand drone électrique particulièrement puissant, capable de parcourir vingt-cinq kilomètres pour effectuer une livraison. L’engin possède des moteurs horizontaux permettant une certaine stabilité de l’appareil, et peut également effectuer des décollages et des atterrissages à la verticale avec une portée de cent vingt kilomètres. Wingcopter a accepté que ce drone soit utilisé par UPS aux Etats-Unis dans les secteurs de la santé, de la vente au détail et de l’hôtellerie. David Abney, président d’UPS, a précisé que cette technologie permet la résolution de problèmes de manière unique, raison pour laquelle les perspectives d’utilisation des drones doivent être élargies.

Les scientifiques retiennent l’origine naturelle du Covid-19

25 mars 2020 - COVID-19

Des chercheurs nord-américains de l’institut de recherche Scripps ont pu démontrer que le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de l’actuelle pandémie affectant plus de soixante-dix pays, est le résultat d’un processus d’ordre naturel. En effet, les coronavirus sont multiples et proviennent d’une famille de virus dont la caractéristique est d’entraîner des pathologies respiratoires, parfois sévères. Face aux flots de rumeurs avançant que la pandémie serait conséquente à des manipulations génétiques en laboratoire, les études scientifiques réalisées à partir des données mises à la disposition des chercheurs du monde entier par les scientifiques chinois, ont permis de faire prévaloir la thèse de l’origine naturelle du virus.

Les chercheurs de l’institut Scripps ont ainsi relevé que les protéines spiculaires, caractéristiques du SARS-CoV-2, montrent une telle efficience dans leur liaison aux cellules humaines, que seule la sélection naturelle peut induire un tel mécanisme. L’examen de la structure moléculaire de cette nouvelle forme de coronavirus a permis de révéler des différences quant aux formes déjà existantes du virus. Ces différences sont probablement le résultat de mutations. L’équipe de recherche a donc exclu toute manipulation de génie génétique comme étant à l’origine du SARS-CoV-2. L’analyse du génome du virus et de son mode de transmission a démontré que la pandémie a pu se développer par le biais d’une transmission interhumaine, dont le point de départ a été une introduction unique au sein de la population humaine.

Musique et IA : un duo à l’origine de nouvelles protéines

25 mars 2020 - Intelligence artificielle

L’état actuel de la technique implique que la fabrication de nouvelles protéines se fasse soit par une imitation des protéines existantes, soit par une modification manuelle de l’ordre des acides aminés. Des scientifiques du MIT et de l’université Cheng Kung de Taïwan se sont lancés dans des travaux afin d’élaborer de nouvelles méthodes de création de protéines. A cette fin, les chercheurs ont élaboré une méthode combinant la musique et le machine learning. En effet, les protéines sont constituées d’une vingtaine d’acides aminés produisant des vibrations uniques.

Les chercheurs ont exploité cette propriété des acides aminés pour aboutir à la conception de nouvelles protéines. En effet, les scientifiques ont codé les ondes des protéines, ce qui a été suivi par une représentation des variables musicales comme un accord, une mélodie, un volume ou un tempo. Ce processus de sonification a permis de former des réseaux de neurones. Par le biais du machine learning, il est donc possible de produire de nouvelles protéines, puisque l’IA peut modifier l’ordre des acides aminés en jouant sur la sonification. Cette technique pourrait être utilisée plus largement, à l’avenir, afin de concevoir de nouveaux biomatériaux.

Levée de fonds de Waymo pour l’élaboration de véhicules autonomes

11 mars 2020 - Financement de l'innovation

La filiale de Google, spécialisée dans la conception et le développement de moyens de locomotion autonomes, a annoncé une levée de fonds de l’ordre de 2,25 milliards de dollars. Ces fonds sont destinés à accélérer le développement des technologies de Waymo, les robots-taxis (du ressort de Waymo One) et les camions autonomes (du ressort de Waymo Via) étant notamment visés. En effet, les camions autonomes de Waymo sont expérimentés au Texas et au Nouveau-Mexique depuis janvier, tandis qu’un service de transport de colis depuis un entrepôt d’UPS, jusqu’à un centre de tri, a également été expérimenté.

La maison-mère de Waymo, Alphabet, demeure l’investisseur principal des deux filiales de Waymo. Cependant, le cercle des investisseurs de l’entreprise a été sensiblement élargi, puisque de nouveaux noms sont apparus à l’occasion de cette levée de fonds. Ainsi, les fonds d’investissement Canada Pension Plan Investment Board, Silver Lake, Andreessen Horowitz et Mubadala Investment Company ont également décidé de soutenir les projets de Waymo. La société AutoNation, spécialisée en véhicules et services automobiles, et la société Magna International, spécialisée dans l’équipement automobile, sont également devenues les partenaires financiers de la filiale de Google. Cette première levée de fonds impliquant des entreprises tierces devrait ainsi permettre à Waymo de faire face à ses concurrents, notamment Uber.

Informatique quantique : lancement de TensorFlow Quantum par Google

18 mars 2020 - Informatique

Après les services d’informatique quantique mis en place par Microsoft (Azure Quantum), Google s’est également lancée dans la course à l’informatique quantique. Le géant de l’Internet a dévoilé une technologie particulière en libre accès, nommée TensorFlow Quantum, ou TFQ. Il s’agit d’une véritable bibliothèque open source permettant une mise en commun des ressources, afin de former des modèles quantiques plus efficients. Les processeurs NISQ de Google, qui disposent de 50 à 100 qubits, seront par exemple disponibles via TensorFlow Quantum.

Google a affirmé que cette nouvelle technologie va fournir les outils nécessaires afin de rassembler les communautés de recherche en informatique quantique et en apprentissage automatique. Cela permettra de modéliser et de contrôler différents systèmes quantiques. TensorFlow Quantum donnerait donc l’occasion aux développeurs de mettre au point de nouveaux algorithmes quantiques. En outre, l’application de ces technologies spécifiques à diverses tâches d’apprentissage quantique n’est pas sans soulever d’importants enjeux financiers. En effet, le cabinet McKinsey et Viva Technology ont estimé, dans un rapport conjoint, que ce marché serait susceptible de peser environ mille milliards de dollars en 2035.

Travaux sur le sarcome d’Ewing : le machine learning permet une analyse approfondie des cellules cancéreuses

18 mars 2020 - Innovation artificielle

Des équipes de chercheurs de l’Institut Curie, spécialisé en cancérologie, ont mené des travaux sur le sarcome d’Ewing. Ce cancer pédiatrique affecte annuellement près de soixante-dix enfants en France. Le sarcome d’Ewing présente d’importants risques de métastases et se localise au niveau des os. Ces tumeurs peuvent être inhabituellement agressives et résistantes, ce qui implique que les cellules cancéreuses ont une capacité d’adaptation particulièrement forte. Les travaux des équipes ont donc visé à comprendre les mécanismes de développement et de métastases de ce cancer.

Les chercheurs ont mis au point une technique singulière, le “single cell sequencing”. Cette technologie donne lieu à un examen des tumeurs cellule par cellule, ce qui permet une identification des métastases les plus résistantes aux traitements, et les plus à même d’entraîner une prolifération du cancer. L’importante masse de données générées par le séquençage de cellules uniques rend impossible le traitement desdites données par l’humain. Les chercheurs ont donc mis au point un algorithme permettant de traiter ces masses de données. Par le biais du machine learning, il a été possible de comprendre la programmation des cellules cancéreuses, et donc de mieux cerner les mutations des métastases.

Oracle et Enterprise Strategy Group expliquent le potentiel concurrentiel et stratégique de l’IA

11 mars 2020 - Intelligence artificielle

Les résultats de l’enquête « Technologies émergentes : une arme concurrentielle pour les finances et les opérations” ont été rendus publics par Oracle et Enterprise Strategy Group. Ceux-ci démontrent que les entreprises qui exploitent l’IA et les autres technologies apparentées améliorent leurs finances de façon significative et accélèrent la croissance de leurs profits annuels de 80%. Il a notamment été démontré que l’usage de l’IA et de l’assistance numérique a pour effet d’améliorer la précision et l’efficacité des finances des entreprises. En effet, l’usage de ces technologies entraîne une diminution de 37% en moyenne des erreurs au sein des directions financière, ainsi qu’une augmentation de la productivité de l’ordre de 36% et une accélération de l’analyse financière de 38%.

En outre, il a été démontré que l’exploitation du potentiel de l’IA, de l’IoT et de la blockchain, améliore la réactivité des chaînes d’approvisionnement. En particulier, les entreprises utilisant ces technologies notent une diminution des jours ouvrés de l’ordre de 6,7 jours en moyenne dans les délais de traitement des commandes, ainsi qu’une diminution de 30% des ruptures de stock, de 25% des erreurs de commandes et de 26% des ruptures de fabrication. A cet effet, Jon McKnight, en sa qualité de directeur des services de recherche et d’analyse d’Enterprise Strategy Group, a précisé que ces technologies émergentes se complètent mutuellement et amplifient conséquemment leurs avantages, d’où la nécessité d’adopter une approche holistique. L’impact concurrentiel résultant de l’usage adéquat de ces technologies est donc important, et s’avérerait crucial pour les années à venir.

La Commission européenne publie son livre blanc sur l’IA et sa stratégie pour la transition numérique

26 février 2020 - Intelligence artificielle

A l’occasion d’une conférence de presse tenue par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission a révélé la stratégie de l’Union européenne concernant le numérique. A cette fin, un livre blanc sur l’IA et une stratégie complète pour le Big Data ont été publiés. Les différents axes du programme visent à permettre la transformation numérique d’alimenter l’économie européenne, et de trouver des solutions appropriées afin de faire face à l’ère du digital. Au programme, il convient de relever le plan visant à constituer un marché européen unique des données afin d’inciter les entreprises à exploiter de façon massive des données non-personnelles, ainsi que les investissements prévus (de l’ordre de six milliards d’euros) pour développer des infrastructures numériques sécurisées et respectueuses des normes européennes en matière de libertés fondamentales.

Afin de prévenir certaines dérives de l’IA, notamment dans le cadre de la mise en place de la reconnaissance faciale, l’Union prône l’élaboration d’un cadre normatif visant à une certaine transparence et à une traçabilité de ces systèmes d’IA à hauts risques. Des règles destinées à la protection de la concurrence et des consommateurs sont également mises en place, de même qu’une structure de gouvernance européenne visant une conformité et une uniformité des règles au niveau de l’Union. Ce nouveau cadre normatif devrait donc permettre à l’Europe de rattraper son retard en matière de numérique et d’IA pris sur la Chine et les Etats-Unis, et, plus particulièrement, de se montrer davantage compétitifs par rapport aux GAFAM.

Amélioration de la géolocalisation par GPS : dépôt d'un nouveau brevet par Apple

26 février 2020 - Brevets

Le GPS est un outil incontournable en matière de navigation et de localisation. Apple a cependant mis en exergue le défaut de précision de cette technologie, dû à l’utilisation des satellites afin de déterminer un itinéraire. En effet, il existe un temps de latence plus ou moins long dans le calcul d’un itinéraire, s’écoulant entre le moment où la destination est indiquée et entre le moment où l’itinéraire est effectivement précisé. Apple a donc déposé un brevet dont la technique permet d’optimiser ce processus de géolocalisation à l’aide du machine learning.

Pour ce faire, Apple va élaborer un modèle d’apprentissage automatique, servant à fournir des estimations de localisation temporaires sur la base de données collectées dans un environnement identique. Il s’agit en outre de combiner le potentiel de l’IA aux données satellitaires recueillies par le GPS, afin de permettre une correction en temps réel de l’emplacement de l’utilisateur et de l’itinéraire à suivre par le biais du machine learning. Toutefois, Apple fait face à une forte concurrence en matière d’optimisation de la géolocalisation. En effet, le rachat de Scape Technologies par Facebook n’est pas anodin, puisque la start-up a élaboré une solution fondée sur la vision par ordinateur, et permet ainsi une géolocalisation précise et sans GPS.

ODDO BHF AI : une IA au service de l’innovation dans le secteur des services financiers

19 février 2020 - Intelligence artificielle

Le lancement du fonds thématique ODDO BHF Artificial Intelligence par le groupe franco-allemand vise à fournir une liste des entreprises utilisant au mieux l’IA. La complexité de l’écosystème économique s’affirme et se renforce depuis la prise en compte de la valeur ajoutée de l’innovation technologique liée à l’IA. Par conséquent, les start-up innovantes côtoient les grands acteurs de l’Internet, rendant nécessaire la mise à disposition d’une base de données aux investisseurs. Celle-ci vise à compiler de manière pertinente les informations relatives à ces sociétés.

ODDO BHF a commencé par identifier les grands secteurs bouleversés par l’IA, comprenant la santé, les services financiers (les banques d’investissement utilisant massivement l’IA), l’Internet, les logiciels, les produits de consommation (notamment les objets connectés) et les semi-conducteurs. Le processus de sélection qualitative des sociétés exploitant les capacités de l’IA se divise en trois phases. Les données non-structurées (non-sémantiques) sont relevées, une seconde couche de données structurées (données boursières et financières) étant ensuite filtrées afin de sélectionner les trois meilleurs titres quotidiens. Enfin, la dernière phase implique une intervention humaine, puisqu’il s’agit d’effectuer un travail correctif, en tenant compte en particulier des biais cognitifs. Les résultats de l’analyse démontrent une sur-représentation des sociétés d’Amérique du Nord, suivies par les entreprises asiatiques et européennes.

Investissements en faveur de l’IA et de la technologie quantique : la Maison Blanche annonce une multiplication par deux du budget des USA

19 février 2020 - Intelligence artificielle

L’Administration Trump prévoit de commencer à doubler son budget dédié à l’IA et à l’informatique quantique pour l’année fiscale 2021. Les budgets alloués aux départements de l’Energie et de l’Agriculture devront notamment être rehaussés, afin de permettre le développement de l’IA. La mise en place d’un Internet quantique est particulièrement souhaitée, raison pour laquelle la National Science Foundation et la Defense Advanced Research Projects Agency ont également bénéficié d’une hausse de budget.

Dans un contexte de guerre commerciale avec la Chine impliquant une réduction des exportations de logiciels vers ce pays, ainsi que d’élaboration d’un cadre réglementaire destiné à régir l’utilisation et le fonctionnement de l’IA, l’initiative budgétaire de l’Administration Trump manifeste d’une volonté forte de demeurer à la pointe de l’innovation en matière de nouvelles technologies et de promouvoir un certain modèle industriel. Et ce, quitte à favoriser un certain protectionnisme, dans la mesure où cette stratégie a été adoptée sans concertation particulière dans un cadre multilatéral. Enfin, il faut noter que cette hausse sectorielle budgétaire visant certains domaines spécifiques, se fait au détriment du budget alloué à la recherche scientifique, qui a subi une baisse de 9% par rapport à celui de l’année fiscale 2020.

AI for Health : quarante millions de dollars investis par Microsoft dans la recherche médicale

12 février 2020 - Intelligence artificielle

Faisant suite à son programme AI for Good, le géant de l’Internet a annoncé le lancement de son initiative AI for Health en faveur de la santé. A cet effet, Microsoft prévoit d’investir plus de quarante millions de dollars afin d’exploiter les potentialités de l’IA. La recherche directe dans l’IA médicale permettrait d’améliorer la santé des plus défavorisés. Il s’agit en particulier de permettre le développement d’algorithmes pouvant détecter des maladies. L’application DeepMind de Microsoft peut par exemple détecter automatiquement les insuffisances rénales et le cancer du sein.

Microsoft souhaite également financer des études afin de mieux comprendre la manière dont l’IA peut être utilisée dans le domaine de la santé. Un dernier objectif serait d’ouvrir l’accès à l’IA à la population en assurant une application des algorithmes au sein des établissements médiaux. En outre, le géant d’Internet va assurer un soutien entre ses organisations, ses chercheurs et ses Data Scientists. En contribuant à l’aide à la conception et au déploiement des technologies relatives à l’IA, Microsoft fournit une incitation aux entreprises innovantes, afin que ces dernières exploitent leurs capacités au profit de causes sociales.

Passage à la phase expérimentale pour le premier médicament mis au point par l’IA

12 février 2020 - Intelligence artificielle

La start-up britannique Exscientia, associée avec l’entreprise japonaise Sumitomo Dainippon Pharma, a annoncé la réalisation des premiers essais cliniques concernant le premier médicament conçu grâce à l’IA. La molécule DSP-1181 a été mise au point à l’aide d’algorithmes élaborés par Exscientia. Ces algorithmes ont généré des millions de compositions différentes du médicament. A l’issue, les programmes sélectionnent la combinaison ayant un effet curateur sur le récepteur cérébral impliqué dans les troubles obsessionnels compulsifs. Etant donné qu’il existe des milliards de combinaisons, et donc de décisions possibles afin d’aboutir à la molécule curatrice, le processus de conception d’un médicament est particulièrement délicat et long.

Le partenariat entre les deux entreprises a permis d’accélérer cette phase de recherche et de conception du médicament, afin de développer un traitement adéquat et de commencer les essais de phase 1 sur les humains. En temps normal, l’Inserm estime qu’une quinzaine d’années est nécessaire afin de mettre au point un médicament. La start-up Exscientia entreprend d’ores et déjà de nouvelles recherches afin de mettre au point des médicaments permettant de guérir les cancers et les maladies cardiovasculaires. Afin de maintenir ce cap vers une réduction de coûts et de temps de mise au point des médicaments, l’idée est de continuer à exploiter les capacités de l’IA pour créer de nouvelles molécules.

Réalisation de la première transplantation cardiaque à partir de cellules iPS au Japon

5 février 2020 - Intelligence artificielle

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Osaka a annoncé la réalisation de la première transplantation de cellules cardiaques, entièrement créées à partir de cellules iPS. Ces cellules iPS, ou cellules souches pluripotentes induites, peuvent produire une protéine permettant la régénération des vaisseaux sanguins des personnes atteintes de pathologies cardiaques. Suite au succès de la première opération menée lors d’un essai clinique sur un patient humain, les scientifiques de l’équipe japonaise souhaiteraient réaliser de nouvelles transplantations de ces cellules iPS sur une dizaine de patients victimes de graves dysfonctionnements cardiaques.

Ces fameuses cellules iPS étant dérivées de cellules sanguines de donneurs sains, la sécrétion de la protéine régénérescente pourrait améliorer les fonctions cardiaques des personnes malades. Ces cellules mesurant 0,1 millimètre d’épaisseur et entre 4 et 5 centimètres de largeur sont particulièrement fines et ne causeraient aucun inconfort aux patients. Les membres de l’équipe sont pour l’instant en l’attente de l’accord du ministère de la santé afin de pouvoir généraliser le recours à ce genre de transplantations, tout en assurant le suivi du premier patient sur lequel le premier essai clinique a été réalisé.

5G : L’Union européenne s’oppose à une interdiction totale de l’utilisation des services de Huawei

5 février 2020 - Données personnelles

Le Royaume-Uni a de son côté décidé d’impliquer Huawei à 35% dans le déploiement de ses infrastructures mobiles, s’opposant ainsi aux préconisations des Etats-Unis, qui ont largement été suivies par l’Australie. Malgré le fait que les États membres disposeraient officiellement d’une certaine marche de manœuvre concernant le recours aux fournisseurs de 5G, les lignes directrices de l’Union européenne visent en réalité une coordination des approches nationales concernant la mise en place des nouvelles infrastructures de réseaux, ce qui vient relativiser la portée de cette marche de manœuvre. Huawei a approuvé les consignes de l’Union européenne, saluant une approche non-biaisée par les allégations américaines.

Le Royaume-Uni a de son côté décidé d’impliquer Huawei à 35% dans le déploiement de ses infrastructures mobiles, s’opposant ainsi aux préconisations des Etats-Unis, qui ont largement été suivies par l’Australie. Malgré le fait que les États membres disposeraient officiellement d’une certaine marche de manœuvre concernant le recours aux fournisseurs de 5G, les lignes directrices de l’Union européenne visent en réalité une coordination des approches nationales concernant la mise en place des nouvelles infrastructures de réseaux, ce qui vient relativiser la portée de cette marche de manœuvre. Huawei a approuvé les consignes de l’Union européenne, saluant une approche non-biaisée par les allégations américaines.

Contentieux en contrefaçon de brevets : Sonos c. Google

22 janvier 2020 - Brevets

Le fabricant d’enceintes connectées Sonos a porté plainte contre Google pour violation de ses droits de propriété intellectuelle. Ces derniers consistent notamment en cinq brevets permettant l’interconnexion et la synchronisation des enceintes conçues par l’entreprise. C’est à l’occasion du partenariat entre les deux entreprises, en date de 2013, que Google a intégré l’application Google Play Music aux enceintes de Sonos, ce qui aurait permis à Google de récupérer les technologies brevetées de Sonos afin de les incorporer à ses propres produits, dont Home, Nest Hub, WiFi, Hub Max et Chromecast.

Selon le constructeur américain, c’est donc une centaine de brevets qui auraient été utilisés par Google en l’absence de tout accord de Sonos, emportant donc une violation des droits de propriété intellectuelle de ce dernier. Des dommages et intérêts sont réclamés par Sonos devant la juridiction californienne, pendant qu’une procédure parallèle a été engagée devant l’USITC afin de solliciter l’interdiction de la commercialisation de certains produits provenant de Google et intégrant les technologies brevetées (dont les enceintes, ordinateurs portables et smarphones du géant américain) sur le territoire des Etats-Unis. Sonos fonde ses griefs de contrefaçon sur les multiples similitudes relevées entre les nouveaux appareils et nouvelles fonctionnalités de Google, et les fonctionnalités mises au point par le fabricant. Amazon serait également visée par les accusations de contrefaçon de Sonos, mais aucune procédure judiciaire n’a pour le moment été engagée à l’encontre de cet autre géant du net.

Mise au point d’un robot à partir de cellules souches

22 janvier 2020 - Intelligence artificielle

Une équipe de chercheurs américains a élaboré le premier robot doté d’un véritable métabolisme, et donc d’une base biologique. Celui-ci a été mis au point à partir de cellules souches de grenouilles, l’espèce africaine “Xenopus laevis”, d’où leur appellation de xénorobot. Ces robots sont d’une taille microscopique puisqu’ils mesurent moins d’un millimètre de long ; ils peuvent en outre survivre plusieurs semaines sans s’alimenter et se déplacer de manière autonome. Leur durée de vie allant de dix jours à plusieurs semaines, selon la qualité de leur environnement, se double également de capacités collaboratives des organismes entre eux.

La mise au point de cette forme de vie hybride pose d’épineuses questions éthiques. Le détournement de cette technologie à des fins militaires est particulièrement à craindre. En effet, ce projet scientifique est partiellement financé par l’armée américaine. Il faut également soulever l’absence de cadre juridique adéquat concernant la réglementation de ces machines ; la sophistication des nouvelles technologies sans cesse améliorées et les évolutions scientifiques vont manifestement plus vite que le cadre juridique afférent, qui se trouve actuellement obsolète. Les capacités vertigineuses de ces xénorobots, qui pourraient servir à identifier des molécules dans des environnements particuliers, assurer le transport de substances médicamenteuses au sein de l’organisme humain, digérer certaines substances toxiques et collecter le plastique polluant les océans, appellent incessamment l’élaboration coordonnée d’un nouveau cadre juridique à l’échelle internationale.

Mise au point d’une technologie permettant une détection rapide du cancer du cerveau

15 janvier 2020 - Intelligence artificielle

Une équipe de chercheurs américains a élaboré une nouvelle technique permettant une détection optimisée des tumeurs cérébrales. Pour ce faire, les scientifiques ont allié le potentiel du deep learning appliqué à l’IA, à la technique de l’imagerie optique. Des millions de données relatives à des biopsies ont été ingurgitées par l’IA, qui a été ainsi entraînée à détecter des tumeurs anormales au cerveau en un temps record. En effet, alors que le repérage d’une tumeur cérébrale met de vingt à trente minutes en utilisant les méthodes traditionnelles, la nouvelle technique mise au point permet de détecter une tumeur cérébrale en deux minutes et cinquante secondes, et ce, parmi les dix typologies de tumeurs les plus fréquentes.

En temps normal et sans l’aide de l’IA, le prélèvement d’un échantillon de la tumeur est effectué afin d’être analysé en laboratoire, d’où s’ensuit le diagnostic préliminaire posé au bout d’un laps de temps plus ou moins long. La nouvelle technique permet donc non seulement une rapidité accrue au niveau du diagnostic préliminaire, mais également une intervention chirurgicale plus précise, dans la mesure où le diagnostic par le biais de l’IA s’est révélé correct dans 94,6% des cas, contre 93,9% pour le diagnostic posé par le biais de la technique humaine. Enfin, cette technologie permettrait également de remédier au fléau des déserts médicaux en équipant les centres hospitaliers.

L’Administration des USA encourage une réglementation flexible de l’IA afin d’inciter à l’innovation

15 janvier 2020 - Intelligence artificielle

Une fiche d’information proposant des principes réglementaires afin de mieux encadrer le développement et l’utilisation de l’IA a été élaborée par l’Administration des USA. La Maison Blanche prône en particulier une évaluation des risques ainsi qu’une analyse coûts-avantages, devant précéder toute action réglementaire portant sur l’IA. Une analyse économique du droit est encouragée afin de favoriser la mise au point d’un cadre souple permettant d’inciter à l’innovation, encourageant le développement d’une IA transparente, équitable et non-discriminatoire. Cette initiative réglementaire des Etats-Unis émerge alors que des experts américains avaient alerté à plusieurs reprises à propos du défaut de réglementation régissant l’IA.

Il a été précisé par Michael Kratsios, en sa qualité de conseiller spécial US pour les nouvelles technologies, que l’Europe et les alliés des Etats-Unis “devraient éviter les modèles destructeurs de l’innovation”. Alors que les experts américains appelaient à l’adoption d’un cadre strict dans la mesure où l’IA amplifierait les inégalités et les fractures sociaux-économiques, la Maison Blanche s’est prononcée a contrario sur l’élaboration d’un encadrement flexible pour éviter d’étouffer l’innovation. Cependant, les initiatives des Etats-Unis, si elles se révèlent pragmatiques, pâtissent, comme les propositions de la Commission et les travaux de l’UNESCO, des limitations induites par le cadre du droit international. En effet, le droit international revêt la plupart du temps une portée conventionnelle qui n’oblige pas les Etats. L’engagement de discussions dans le cadre de groupes de travail au niveau de l’OMC apparaîtrait peut-être davantage indiqué (ou alors le recours à des accords bilatéraux de nouvelle génération, qui constituent une solution efficace afin de passer outre les faiblesses inhérentes au multilatéralisme). Le droit de l’OMC revêt effectivement une portée plus contraignante, notamment du fait de ses mécanismes de sanction particulièrement dissuasifs.

Application de l’IA à la cancérologie : partenariat de l’hôpital Gustave Roussy et de la start-up Owkin

8 janvier 2020 - Intelligence artificielle

La signature d’un accord de partenariat entre la start-up Owkin et l’hôpital Gustave Roussy, situé à Villejuif, a été rendue officiel courant décembre. La start-up française n’est pas inconnue du paysage hospitalier, puisqu’un premier partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris avait été lancé en octobre 2019, afin d’accélérer la recherche clinique en matière de cancérologie, de cardiologie et d’immunologie.

Dans le cadre de ce nouveau partenariat, il s’agit de favoriser la mise en place et le déroulement de projets collaboratifs concernant la recherche clinique en cancérologie. Par conséquent, la start-up va pouvoir profiter d’un espace dédié au sein des locaux de l’hôpital afin de développer ses algorithmes, tandis que les médecins pourront avoir accès à la plateforme “Owkin Studio” pour utiliser les algorithmes d’intelligence artificielle de l’entreprise à des fins médicales. Cette alliance pourrait avoir des effets très bénéfiques en permettant une recherche clinique plus efficiente. Les outils d’Owkin issus de l’intelligence artificielle pourraient en effet aiguiller les experts dans la recherche de biomarqueurs concernant le traitement du cancer, ainsi que la quantification du risque de rechute.

Création de gants haptiques pour une réalité virtuelle augmentée

8 janvier 2020 - Intelligence artificielle

Afin de compléter son costume haptique présenté en 2018 lors du salon d’électronique CES, la start-up Teslasuit a mis en place des gants haptiques destinés à être reliés audit costume par Wi-Fi. La start-up a mis en place un système fondé sur la stimulation musculaire électrique afin d’appliquer l’équipement à la réalité virtuelle. En effet, les Teslasuit Glove comportent un affichage haptique ainsi que de neuf électrodes afin de pouvoir conférer la sensation du toucher à son utilisateur.

Ces gants spéciaux sont destinés à une utilisation professionnelle, notamment au secteur de la rééducation médicale et au téléguidage de robots. Du fait de l’exosquelette des gants leur conférant une certaine rigidité, et à ses capacités de vibrations permettant la simulation d’une prise en main, ces Teslasuit Glove pourraient se révéler très précieux dans le cadre d’une application au domaine de la santé. En outre, divers instruments insérés dans ces gants, tels que des capteurs et un oxymètre de pouls, devraient inciter à une application de cette nouvelle technologie au secteur médical.

Levée de fonds pour la start-up Pyka : un nouveau drone épandeur de pesticides

1er janvier 2020 - Financement de l'innovation

Une levée de fonds de l’ordre de neuf millions d’euros (onze millions de dollars) au profit de la start-up américaine Pyka a été réalisée sous l’égide de l’investisseur Prime Movers Lab. L’activité de Pyka consiste en la construction d’avions électriques autonomes aux capacités de stockage supérieures aux drones actuellement proposés sur le marché. Ces engins novateurs sont appliqués au secteur de l’agriculture moderne (ces technologies particulières étant nommées agritech), et plus spécifiquement à l’épandage de pesticides. Pyka dispose donc d’un avantage concurrentiel certain en élaborant des machines plus compétitives et plus performantes.

En effet, le drone électrique épandeur de pesticides proposé par la start-up est programmé au sol avant le décollage, et fait montre d’une précision accrue grâce à un survol bas lui permettant d’éviter les obstacles potentiels. En outre, l’avion électrique dispose d’une capacité de stockage de deux cents kilogrammes ainsi que de trois moteurs de vingt Kilowatt chacun, ce qui permet un épandage des pesticides sur approximativement cent hectares à l’heure. Enfin, le drone d’épandage bénéficie d’une certification de la part des autorités américaines, ce qui lui permet de se distinguer de la concurrence en proposant un produit approuvé.

Système de reconnaissance faciale : la France lance une expérience contraire au RGPD

1er janvier 2020 - Données personnelles

Le gouvernement français a annoncé le lancement d’une expérimentation, d’une durée de six mois à un an, visant l’application de la technologie de la reconnaissance faciale aux images de vidéosurveillance. Cette technique serait mise en œuvre dans certains lieux publics, tels que les gares et les aéroports, ainsi que pour l’accès des utilisateurs aux services publics en ligne dans le cadre du système Alicem. La reconnaissance faciale constitue une donnée biométrique permettant l’identification et l’authentification d’un individu en se fondant sur des caractéristiques faciales spécifiques. Les données en résultant constituent des données personnelles, dont la collecte et l’utilisation sont strictement encadrées par le droit de l’Union européenne, et plus particulièrement par le RGPD.

L’article 5 du RGPD pose notamment les principes de licéité, de loyauté et de transparence du traitement des données à caractère personnel, de la limitation des finalités pour lesquelles ces dernières sont collectées, ainsi que de la minimisation de la collecte desdites données. A cet égard, le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, a précisé que cette phase d’expérimentation aurait lieu sous la supervision tant de la société civile que de chercheurs. Un débat citoyen devrait également permettre la consultation de la société civile, afin de mieux apprécier les risques posés en termes de respect des libertés publiques, et d’élaborer en conséquence un régime d’utilisation adapté. Ces mesures n’ont cependant pas empêché la CNIL d’imposer aux pouvoirs publics, dès novembre 2019, l’adoption de lignes rouges visant à limiter l’usage de ces technologies de reconnaissance faciale.

Mise au point d’une nouvelle batterie écologique sans nickel ni cobalt

25 décembre 2019 - Chime physique

L’équipe R&D d’IBM a annoncé avoir élaboré les premières batteries rechargeables sans métaux lourds, ce qui constitue une avancée sans précédent en la matière. En effet, les batteries classiques sont constituées à partir d’accumulateurs lithium-ion, qui contiennent des substances telles que le cobalt et le nickel. Or, ces matériaux spécifiques sont des métaux lourds dont l’exploitation met en exergue des considérations à la fois écologiques, humanitaires et éthiques. Nous rappellerons que l’extraction du cobalt sur le continent africain, en particulier, est réalisée par des enfants et des adultes dans des conditions particulièrement dangereuses. Les chaînes d’approvisionnement de ce matériau notamment ont été décriées par Amnesty International comme étant très obscures.

Par conséquent, la combinaison de trois substances directement issues d’extraits d’eau de mer, à intégrer à l’électrolyte et à la cathode de l’accumulateur, a permis la mise au point de batteries rechargeables plus écologiques, mais également plus petites et plus sûres. Parmi les avantages, il convient de noter que le coût de fabrication de ces nouvelles batteries se trouve sensiblement réduit. Le risque d’incendie se trouve également réduit puisque la cathode et l’électrolyte sont associées dans la batterie, ce qui prévient l’excédent de lithium qui pouvait se produire au niveau de l’accumulateur des batteries classiques, phénomène qui dégradait la batterie et entraînait un risque d’incendie accru. Cette innovation appliquée aux voitures électriques permettrait de rendre ces dernières beaucoup plus efficientes et d’encourager ainsi le recours aux véhicules alternatifs, dans la mesure où ces nouvelles batteries écologiques se révèlent denses à la fois en matière de capacité de puissance et de stockage.

La start-up française Robocath à l’origine des premières angioplasties par IA à Cape Town

25 décembre 2019 - Intelligence artificielle

Le directeur de la start-up rouennaise Robocath, Philippe Bencteux, a annoncé que les premières angioplasties réalisées par le biais d’une plateforme robotique automatisée ont été réalisées à Cape Town, en Afrique du Sud. La plateforme robotique R-One de l’entreprise a permis au chirurgien en charge de l’opération de naviguer dans les artères des patients avec beaucoup plus de facilité, ainsi qu’avec une efficacité et une qualité accrues. En effet, l’angioplastie consiste à dilater une artère afin de la déboucher, en apposant ensuite des stents afin de maintenir cette dilatation.

Robocath a lancé le projet sur le continent africain suite au succès de ses premières opérations expérimentales à Toulouse et à Rouen. Après avoir connu la première greffe cardiaque en 1967, l’hôpital Netcare Christiaan Barnard Memorial Hospital, situé à Cape Town, a ainsi célébré la réussite des six premières angioplasties coronaires réalisées en mettant en oeuvre le potentiel de l’IA. L’exploitation des capacités de l’IA a permis au chirurgien de piloter à distance la plateforme automatique, et ce, à l’aide d’une pédale et de joysticks. Auparavant, les spécialistes étaient contraints d’user de rayons X et de manipuler manuellement les cathéters à l’intérieur du corps des patients. Le recours à ces nouveaux outils issus de l’IA et de la robotique va donc non seulement induire des gains de temps non négligeables en permettant au chirurgien de travailler directement en position assise, et donc d’enchaîner les opérations, mais également davantage de précision au niveau du geste médical.

IA et météorologie : le deep learning permet de prédire le moment où la foudre frappera

2 décembre 2019 - Intelligence artificielle

Dans la lignée du projet européen Laser Lightning Rod, lancé en 2017 et permettant une redirection de la foudre à un endroit précis par le biais d’un laser multi-terawatt, des travaux fondés sur l’IA ont permis la mise au point d’un système de prévoir le moment où la foudre frappera dans un rayon de trente kilomètres et à dix minutes près maximum. Pour cela, les chercheurs de faculté des Sciences et Techniques de l’Ingénieur de l’EPFL de Lausanne ont exploité les capacités de l’IA en recourant à la technique du machine learning, afin de faire engranger à la machine les données de plusieurs stations météorologiques suisses, et en reliant ces variables à quatre facteurs que sont la température de l’air, le taux d’humidité, la pression atmosphérique et la vitesse du vent.

Ce dispositif a affiché un taux de réussite de l’ordre de 80%, l’IA ayant été capable de prévoir avec une relative justesse l’endroit où la foudre va frapper. Par une combinaison des paramètres précités avec des systèmes spécifiques dédiés à la localisation et à la détection de la foudre, la technique du machine learning a permis à l’IA de reconnaître les conditions particulières conduisant à la création de la foudre. Un tel système va, in fine, permettre une redirection d’éclairs à un endroit précis afin de mieux protéger les zones urbaines à risques. En effet, le recours à des données météorologiques facilement accessibles en temps réel, ainsi que la rapidité de l’analyse effectuée par l’IA, vont permettre de couvrir des régions reculées. Celles-ci échappent normalement aux radars et aux satellites dans le cadre des dispositifs standards actuels, qui se révèlent plutôt inefficaces face aux méthodes sophistiquées mises en place avec l’IA.

Nouvelle levée de fonds de la start-up PROPHESEE : financement d’un nouveau capteur Metavision

24 novembre 2019 - Financement de l'innovation

La start-up PROPHESEE a annoncé une nouvelle levée de fonds de vingt-cinq millions d’euros, dont vingt millions ont été accordés par un prêt de la BEI. Cette start-up dirigée par Luca Verre est connue pour avoir développé des capteurs Metavision ; il s’agit de capteurs neuromorphiques inspirés du fonctionnement de l’oeil humain. Ce dispositif prévoit une caméra fonctionnant à l’image de la vision humaine et permettant de décupler la rapidité et l’efficacité du traitement vidéo.

Ce dispositif de vision par ordinateur fonctionne à l’aide d’algorithmes, lesquels permettent, appuyés par la caméra à vision humaine, d’améliorer la vitesse de réaction face à une information, et également de réduire quantitativement la masse de données à stocker, tout cela dans une optique d’optimisation énergétique.

En outre, nous rappellerons que PROPHESEE a créé la première rétine en silicium permettant de redonner la vue aux personnes malvoyantes. Les enjeux sont donc immenses en termes de propriété industrielle puisque cinquante-et-un brevets couvrent les capteurs Metavision de la start-up. À cet égard, Luca Verre a précisé que la start-up travaille sur des projets avec les sociétés Bosch et Renault-Nissan, afin d’appliquer leurs innovations au secteur de l’automobile.

Les trains du futur pilotés par IA : les engagements de Thalès

24 novembre 2019 - Intelligence artificielle

Thalès est principalement connue pour ses activités dans les secteurs de l’espace, de la défense et de l’aéronautique, mais dirige également un département dédié aux transports. En effet, l’entreprise française est une des plus grands déposantes de brevets et s’est maintenue à la dixième place dans le classement de l’INPI à la fois en 2017 et en 2018. Récemment, l’entreprise a pris des engagements concernant les trains du futur en expliquant que ces derniers seraient autonomes, intégralement gérés et conduits à partir d’IA. Thalès compte s’appuyer sur diverses technologies spatiales de son ressort, telles que la géolocalisation et les radars.

À cet égard, Thalès a élaboré le Lidar, une solution innovante alliant caméra et radar optique de détection de type laser. Ce dispositif permettrait de mesurer la distance d’un objet très précisément, cette technologie de précision servant à la fois à s’assurer que les voies sont bien praticables, et donc à sécuriser les trajets au-delà de ce qui est actuellement permis par les capacités humaines, mais également à améliorer le confort des passagers en les orientant et les informant plus efficacement sur les quais et une fois dans le train. Mais Thalès ne compte pas s’arrêter au domaine ferroviaire, puisque l’entreprise a annoncé son souhait d’étendre ses solutions de signalisation de pointe aux rames de métro.

Personnes paralysées et IA : des implants cérébraux rendent l’écriture accessible

24 novembre 2019 - Intelligence artificielle

Après la mise au point des voitures électriques Tesla, Elon Musk s’est lancé dans la conception d’une nouvelle technologie à destination des personnes paralytiques. Étant donné l’incapacité des personnes paralysées à communiquer avec leur entourage du fait de considérations motrices, malgré une parfaite compréhension et réactivité cérébrale, de nombreuses recherches ont été entreprises afin de créer des dispositifs interactifs utilisant l’IA.

Un outil a donc été créé à partir d’électrodes, insérés dans le cerveau et fonctionnant à l’aide de mouvements visuels. A partir de cet implant relié à un ordinateur, la personne paralysée peut faire se déplacer un curseur et sélectionner des caractères affichés à l’écran, pouvant donc à termes constituer des phrases et communiquer avec son entourage. La nouvelle interface mise au point par Elon Musk dans le cadre de sa start-up Neuralink se base également sur l’insertion d’électrodes cérébraux, la stimulation cérébrale et les mouvements oculaires guidant le curseur à l’écran.

Reconnaissance faciale au lycée : une violation des grands principes du RGPD

24 novembre 2019 - Données personnelles

La CNIL s’est ouvertement opposée au système de reconnaissance faciale mis en place par deux lycées de la région PACA. Ce dispositif expérimental a pour objet de fluidifier et sécuriser les accès aux établissements, en allégeant la charge du contrôle des agents. Pour ce faire, les élèves doivent passer par un portique doté d’une caméra et d’un lecteur, ces outils ayant vocation à capter le visage de ces derniers afin de le comparer aux profils déjà enregistrés.

Or, la CNIL a jugé ce dispositif contraire aux principes de proportionnalité et de minimisation des données issus du RGPD. En effet, il était estimé que des moyens alternatifs moins intrusifs peuvent être utilisés afin de contrôler l’accès aux établissements scolaires, de sorte que le recours à ce système apparaît disproportionné, et illégal en l’espèce. La CNIL a également précisé que ce dispositif de reconnaissance faciale induit un risque majeur d’atteinte à la vie privée et aux libertés individuelles des personnes.

En dépit de cette déclaration et de la position de la CNIL, les initiatives françaises en matière de reconnaissance faciale se multiplient. Or, nous rappellerons que l’article 16 du TFUE dispose que “toute personne a droit à la protection des données à caractère personnel la concernant”. Il apparaît donc qu’en poursuivant sur sa lancée, la France s’expose à un éventuel recours en manquement pour violation, à la fois du droit primaire de l’Union européenne découlant dudit article 16 du TFUE, et du droit dérivé découlant du RGPD.